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Catherine Perrin
Audio fil du mercredi 17 octobre 2018

Cannabis : les spécialistes répondent à vos questions

Publié le

Jean-Sébastien Fallu, Walid Hijazi et Marie-Ève Morin au micro de Catherine Perrin.
Jean-Sébastien Fallu, Walid Hijazi et Marie-Ève Morin   Photo : Radio-Canada / Olivier Lalande

Quelles sont les implications médicales, légales et sociales de la légalisation du cannabis, en effet dès aujourd'hui? Quels sont les effets des différentes formes de cannabis? La médecin Marie-Ève Morin, l'avocat criminaliste Walid Hijazi et le spécialiste en toxicomanie Jean-Sébastien Fallu répondent aux questions envoyées à Catherine Perrin par nos auditeurs.

Jean-Sébastien Fallu tient à corriger certains préjugés véhiculés ces dernières semaines : « Avoir des délais de 28 jours pour certains employés pour consommer, c’est complètement infondé, selon la science. Les effets résiduels, c’est maximum 24 heures. Vingt-huit jours, c’est du délire. »

Si les propriétaires d’immeubles ont 90 jours pour ajouter à leurs baux une interdiction de fumer du cannabis, il rappelle qu’une telle interdiction ne touche pas les autres formes de la substance. Le professeur à l’École de psychoéducation de l’Université de Montréal souligne également l’absurdité des règlements de certaines municipalités. « L’interdiction des muffins au pot dans les parcs d’Ancienne-Lorette… Les policiers vont-ils y goûter ou sentir? »

Emploi : un flou légal

Walid Hijazi constate le flou légal que suppose l’encadrement du cannabis par les employeurs. « Un employeur, règle générale, ne peut s’immiscer dans ce que fait l’un de ses employés à l’extérieur des heures du travail, fait-il remarquer. On verra à chaque cas, ça va dépendre du métier. On a aussi une vie privée, on a droit à une réputation, à une dignité, de jouir librement de nos biens. Ce sont des questions qui vont se poser devant les tribunaux, les juges décideront. Là où il est permis, pour un employeur, d’être plus sévère – il a un droit de gérance, le droit de s’assurer que ses affaires fonctionnent bien, que ses employés sont efficaces –, c’est là où il y a un risque de danger pour le public. Pensons aux chauffeurs d’autobus, aux pilotes d’avion [ou sur] les chantiers de construction. »

Huiles : mode d’emploi

« Les huiles de cannabis ou de cannabidiol (CBD), souvent, sont consommées soit dans un breuvage, le soir, avant [on aille] se coucher, pour des douleurs, le sommeil ou toutes sortes d’autres vertus potentielles », explique Marie-Ève Morin, qui salue la possibilité d’ouvrir la recherche médicale sur le cannabis maintenant qu’il est légalisé. « Il y a toutes sortes de formes qui peuvent être diluées sous la langue [pour] une absorption sublinguale. Donc, il n’y a pas de toxicité pulmonaire à ce moment-là. C’est certain que sur le plan médical, on n’encourage pas de fumer des joints, on encourage plutôt les huiles, la vaporisation ou encore les [produits] comestibles. »

Attention au cœur

Selon la médecin, il existe un risque de problèmes cardiaques liés au cannabis : « On dit que surtout le tétrahydrocannabinol (THC) aurait un [effet] sur le risque d’accident vasculaire cérébral (AVC) et d’infarctus du myocarde. Dans l’immédiat, quand quelqu’un consomme un joint, on sait que la fréquence cardiaque peut jusqu’à doubler, assez rapidement, et que la tension artérielle va chuter. C’est assez rare, pour une substance. […] Je ne pense pas qu’un jeune de 25 ans va faire une arythmie cardiaque avec le cannabis. Par contre, si une personne plus âgée qui a un trouble cardiaque fume, peut-être qu’il pourrait y avoir un risque. »

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