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Catherine Perrin
Audio fil du jeudi 27 septembre 2018

Comment parler de ses problèmes de santé mentale à ses enfants

Publié le

Nadia Gagnier, Samuel Archibald et Varda Étienne au micro de Catherine Perrin.
Nadia Gagnier, Samuel Archibald et Varda Étienne   Photo : Radio-Canada / Olivier Lalande

Plutôt que de dissimuler l'un sa dépression ou l'autre sa bipolarité à leurs enfants, Samuel Archibald et Varda Étienne ont choisi la voie de la franchise, tout en prenant soin de ne pas surresponsabiliser leur progéniture ni de lui dévoiler des pans de leurs défis qui pourraient la troubler pour rien. En compagnie de la psychologue Nadia Gagnier, l'auteur et l'animatrice parlent à Catherine Perrin de l'importance de ne pas laisser les enfants s'imaginer le pire et d'avoir un bon réseau de soutien.

« J’ai toujours été hypertransparente [par rapport] à ma maladie », affirme Varda Étienne, diagnostiquée bipolaire à l’âge de 14 ans. « C’était important pour moi de l’expliquer à mes enfants parce qu’ils vivent avec moi. Si je ne le faisais pas, je trouvais qu’il y avait une forme d’hypocrisie. Vouloir préserver ses enfants, ça peut être une mauvaise chose aussi. »

L’auteure de Maudite folle! raconte avoir été confrontée par l’aîné de ses trois enfants lorsqu’il avait 8 ou 9 ans. « Il me disait souvent : "Pourquoi t’es pas comme les autres mamans?" »

Suite logique

Lorsque Samuel Archibald a souffert de dépression, l’an dernier, parler à ses enfants s’inscrivait dans une suite logique d’événements, après qu’il eut tout révélé à sa conjointe, consulté un médecin, puis pris congé du travail.

« J’ai commencé à leur dire : "Voici ce qui est en train de se passer. Papa est fatigué, papa a besoin d’un moment pour récupérer. Vous allez voir que papa n’ira pas au travail, papa va être plus à la maison, papa va peut-être, des fois, être moins patient, plus triste, irritable, mais on va essayer de passer à travers ensemble." »

Il y a des affaires que je ne leur dirai jamais. Je n’ai pas parlé des tendances suicidaires. Un enfant de 8 ans n’a pas d’affaire à savoir que son père pense à ça.

Samuel Archibald

Le silence crée l’angoisse

Nadia Gagnier confirme que les enfants ne sont pas dupes : « À partir du moment où un enfant s’aperçoit d’une différence […], de ne pas en parler, de le laisser dans l’ignorance peut amener encore plus d’angoisse [pour lui]. »

« Il faut y aller avec les questions que l’enfant nous pose et ne pas aller nécessairement au-delà de ce qu’il veut savoir », recommande la psychologue.

Dans certains cas, il vaut toutefois mieux aller au-devant, selon elle : « Si on anticipe qu’il va y avoir des changements à la routine, on peut en parler [avant], pour que l’enfant comprenne que son parent sait ce qui se passe, que ce ne sont pas des changements que personne ne comprend. Si le parent en parle à l’avance, l’enfant sait au moins que son parent a peut-être pas un contrôle, mais qu’il sait ce qui se passe. C’est déjà plus rassurant. »


Le documentaire I Am Still Your Child sera présenté ce soir à la salle Oscar Peterson de l'Université Concordia.

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