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La guerre des protéines menace la saucisse végétarienne

Médium large

Avec Catherine Perrin

La guerre des protéines menace la saucisse végétarienne

Audio fil du vendredi 14 septembre 2018
Des saucisses végétaliennes.

Un étalage de saucisses végétaliennes au Festival végan de Calais, en France.

Photo : AFP/Getty Images / PHILIPPE HUGUEN

L'État du Missouri l'a fait, et le Texas, la France et même le Québec pourraient emboîter le pas : interdire que les termes associés à la viande – steak, saucisses, bacon ou autres – désignent des produits d'origine végétale. Sous le couvert de la protection du consommateur, ces lois visent à protéger la domination de l'industrie de la viande au royaume du hamburger, selon Sylvain Charlebois et Élise Desaulniers. Les deux spécialistes de la question alimentaire expliquent à Catherine Perrin en quoi ces règles empêchent la population de réduire sa consommation de viande comme elle le souhaite.

Sylvain Charlebois est professeur en distribution et politiques agroalimentaires à l’Université Dalhousie de Nouvelle-Écosse. Élise Desaulniers est directrice générale de la Société pour la prévention de la cruauté des animaux (SPCA) de Montréal.

Crainte de la viande de laboratoire

« Ce que veulent faire les agriculteurs du Missouri, c’est peut-être empêcher la viande végétale de prendre de l’ampleur, mais je pense qu’ils ont surtout peur de la viande in vitro, la viande de cellules faite en laboratoire, indique Élise Desaulniers. Donc, ils veulent définir ce qu’est vraiment la viande. »

Les omnivores en déroute

« C’est un peu gênant. Je pense que jamais un consommateur ne s’est trompé [entre un produit animal et un produit végétal], poursuit la militante végane. La cible que visent ces produits-là n’est pas tant les végétaliens, qui sont vraiment une minorité très infime de la population, mais la population omnivore en général, qui veut réduire sa consommation de viande. Les chiffres nous le montrent : les Nord-Américains, les Occidentaux sont de plus en plus nombreux à chercher des solutions de rechange à la viande et aux produits laitiers. Ces gens-là ne cherchent pas à modifier entièrement leur alimentation, ils cherchent, de temps en temps, pour un barbecue, l’été, à utiliser des végéburgers au lieu de burgers de bœuf haché. »

Perdu d’avance

Selon Sylvain Charlebois, le combat est perdu d’avance pour l’industrie de la viande, surtout celle du bœuf, dont la consommation baisse depuis 30 ans. Le mouvement végétalien vit à son avis un essor indéniable, qui ne pourra que s’amplifier avec le développement de nouveaux produits. « C’est comme le sans gluten, dit-il. Sans recherche, ce n’était pas très bon, mais avec la recherche, depuis quelques années, les produits sans gluten goûtent très bon. Ça va être la même chose pour les produits végétaliens. Avec la recherche, on va pouvoir développer des produits avec des goûts exceptionnels. »

Le Québec à la défense de son terroir?

D’ici là, il soupçonne que le Québec sera tenté d’adopter des législations semblables à celles du Missouri : « Il y a une culture, au Québec, de protection d’appellations qu’on n’a pas nécessairement ailleurs. Le mouvement du terroir commence à peine à l’extérieur, mais au Québec, j’ai l’impression qu’il y aura une pression soutenue pour protéger les acquis des filières bovine, porcine et laitière, surtout. »

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