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Vieillir en 2018 : de l’optimisme au réalisme

Médium large

Avec Catherine Perrin

Vieillir en 2018 : de l’optimisme au réalisme

Audio fil du mercredi 25 juillet 2018
Diane Beaudry, Jean-Guy Desjardins et Louise DesChâtelets au micro de Stéphan Bureau.

Diane Beaudry, Jean-Guy Desjardins et Louise DesChâtelets

Photo : Radio-Canada / Olivier Lalande

La vieillesse ne survient pas d'un seul coup. Dans les meilleurs cas, elle s'apprend, s'apprivoise et peut même être repoussée. Pour les moins chanceux, elle ne peut être qu'imparfaitement encadrée, au point où un combat doit avoir lieu. La comédienne Louise DesChâtelets, le chauffeur de taxi Jean-Guy Desjardins, la documentariste Diane Beaudry, le comédien François Grisé ainsi que la personne à l'origine du recours collectif contre les CHSLD du Québec, Daniel Pilote, décrivent à Stéphan Bureau la forme que prend le vieillissement dans leur vie.

« Je ne me suis pas vue vieillir. Je suis arrivée dans la soixantaine en me pensant encore à 40 ans, ce qui fait que j’ai toujours été une passionnée, dit Louise DesChâtelets, 72 ans. La vie amoureuse a toujours été très importante. […] Je me suis mariée à 63 ans. Je ne me mariais pas comme une vieille personne. Je me mariais pour la vie, dans mon esprit. »

Un âge qui se construit

« Je suis une œuvre d’âge. On est l’œuvre de notre âge, affirme Diane Beaudry, 72 ans également. Ce que je sens très fort, c’est que la vieillesse – et je ne suis pas arrivée au bout – est comme un nouvel âge. Dans la cinquantaine, on est comme dans la prime jeunesse de sa vieillesse. Dans la soixantaine, on est peut-être dans l’adolescence. [Au-delà de] 70, on entre dans son âge de jeune adulte. »

Pas le temps d’y penser

« Je ne suis pas vieux. Je reste jeune, déclare Jean-Guy Desjardins, 86 ans. Je ne veux pas penser à être vieux. Je fonctionne comme je l’entends. Je veux rester jeune. Les âges n’ont pas d’importance pour moi. »

Liberté 55, je n’y crois pas

Jean-Guy Desjardins, 86 ans

Du côté des CHSLD

« Je me suis dit un jour : "Jamais je n’irai là." Malheureusement, ma santé a fait que je n’ai pas eu le choix », explique Daniel Pilote au sujet de la vie en CHSLD, et du recours collectif qu'il a intenté au nom des 37 000 résidents de CHSLD du Québec. « Vous avez là des personnes qui ne peuvent s’exprimer, qui ne peuvent parler. Une personne âgée ne veut plus revendiquer, elle ne veut plus dénoncer. Elle n’a plus de force pour le faire. Il y a juste moi qui ai osé le faire. »

« Dans l’imagination d’un homme de 47 ans, c’est le pire des scénarios, dit François Grisé, également au sujet des CHSLD. On ne peut pas du tout blâmer les gens qui travaillent là. Ils sont complètement débordés. Ils maltraitent peut-être, ou la structure autour [d’eux] fait de la maltraitance, parce qu’ils sont à bout. C’est qu’on s’est déresponsabilisés. Avec l’État providence, on a des gens qui prennent soin de nous. C’est dur de faire du temps pour aller voir nos parents dans leur résidence. »

Quoc Dinh Nguyen et François Grisé au micro de Stéphan Bureau.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Quoc Dinh Nguyen et François Grisé

Photo : Radio-Canada / Olivier Lalande

L’apport insoupçonné de la gériatrie

Quoc Dinh Nguyen, interniste-gériatre, est l’un des 80 spécialistes au Québec qui sont spécifiquement formées pour s’occuper des personnes âgées. Selon lui, la perception de la situation des personnes âgées est généralement soit trop rose soit trop noire, et l’accompagnement peut faire toute la différence.

« Quand les gens [âgés] viennent seuls, je sais que ma rencontre médicale va être compliquée, beaucoup plus délicate, beaucoup plus stressante, honnêtement, alors que quand ils sont bien accompagnés par des membres de la famille – une conjointe ou des enfants –, je sais que les choses vont être plus simples pour cette personne quand elle va quitter l’hôpital ou ma clinique », dit-il.

Les proches ont un rôle absolument essentiel, et je sais que c’est ce qui est souvent négligé, quand on parle des personnes âgées.

Quoc Dinh Nguyen, gériatre

Vivre dans une maison intergénérationnelle

« Je ne me voyais pas être toujours avec eux, mais depuis que j’ai déménagé, je suis ravie. J’ai l’impression de faire partie de la vie, d’être plus vivante. » Lorraine Fredette, 67 ans, a emménagé dans la maison de sa fille, Véronique Vigneault, en décembre dernier. En dépit de réticences initiales, la famille a réussi à faire en sorte que tous se sentent chez eux, et à préserver leurs relations.

« La difficulté, c’est de faire très attention à ma relation avec les petits-enfants, souligne Mme Fredette. On n’est pas là pour élever nos petits-enfants. On est là pour être avec eux. »

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