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Stéphan Bureau
Audio fil du mardi 24 juillet 2018

Faut-il annuler une série qui encourage la grossophobie?

Publié le

L'actrice Debby Ryan est dans un supermarché et regarde quelque chose qui la rend triste dans la série «Insatiable».
L'actrice Debby Ryan dans la série Insatiable   Photo : Netflix

Selon les plus de 100 000 signataires d'une pétition appelant à son retrait, Insatiable, une nouvelle série de Netflix, renforce les stéréotypes de beauté liés à la minceur et pourrait déclencher des troubles alimentaires. La série raconte l'histoire d'une jeune femme en surpoids qui maigrit soudainement après avoir eu la mâchoire attachée, et peut ainsi se venger de ceux qui l'ont fait souffrir. La chroniqueuse Catherine J. Lalonde, la photographe Julie Artacho et la nutritionniste Nathalie Pouliot débattent avec Stéphan Bureau de la pertinence de combattre la diffusion d'une série avant même qu'elle ne débute, sur la foi d'une bande-annonce.

Insatiable sera offerte par Netflix le 10 août. La pétition a été lancée après la diffusion de la bande-annonce, le 19 juillet.

Dangereuse
« C’est une série dangereuse, qui peut déclencher, chez plusieurs personnes qui la regardent, un trouble alimentaire ou une insatisfaction par rapport à leur apparence », déclare Catherine J. Lalonde, qui dit avoir longtemps souffert d’un trouble alimentaire. « Je sais que c’est complètement fou pour une personne qui n’a pas ça en tête, mais pour quelqu’un qui a cette maladie, [il est possible de] se dire : "Si je me faisais brocher la mâchoire et que j’arrêtais de manger, ce serait une solution à mon poids, à mon bonheur et à ma popularité." »

« Le problème est aussi que ça s’adresse à des adolescents, cette série-là », ajoute la chroniqueuse.

Exacerber le problème
« On sait que les jeunes sont déjà très préoccupés par leur poids. Pour ceux qui le sont déjà, ça va juste exacerber le problème. Pour ceux qui ne le sont pas, ça peut faire miroiter l’idée que c’est vrai que leur corps n’est pas parfait [et] qu’ils devraient peut-être l’améliorer pour [atteindre] l’idéal de beauté », fait remarquer Nathalie Pouliot, rappelant que 40 % des adolescentes ne sont pas satisfaites de leur corps, et que la moitié de ces filles tentent de contrôler leur poids par plusieurs moyens. « C’est encore d’associer la norme qu’être mince, c’est être en santé. »

Nombreux mauvais messages
Julie Artacho trouve que la prémisse d’Insatiable prive son auditoire de modèles réalistes en plus de valoriser l’intimidation et la vengeance, entre autres. « Non seulement pour être désirable, il faut être mince, il faut aussi être hyperféminisée et hypersexualisée, dit-elle. Je pense à la Julie adolescente, et je me dis que [cette série] aurait peut-être validé encore une fois […] que je suis juste un deuxième rôle, que personne ne va s’intéresser à moi, jamais, [et] qu’il faudrait vraiment que je me transforme pour que tout à coup on me donne de l’importance. »

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