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Catherine Perrin
Audio fil du mardi 17 juillet 2018

Le potinage, un plaisir limité et malsain

Publié le

Jean-Sébastien Girard, Patricia Paquin et Nicolas Chevrier au micro de Stéphan Bureau.
Jean-Sébastien Girard, Patricia Paquin et Nicolas Chevrier   Photo : Radio-Canada / Olivier Lalande

Le commérage peut renforcer la cohésion au sein d'un groupe et créer de nouveaux cercles sociaux, en plus de nous divertir et de nous rassurer quant à notre propre vie. En revanche, les potins peuvent aussi blesser, déclencher des conflits et créer le malaise. En compagnie du journaliste Renaud Manuguerra-Gagné, les animateurs Patricia Paquin et Jean-Sébastien Girard ainsi que le psychologue Nicolas Chevrier parlent avec Stéphan Bureau des changements dans l'art de potiner à l'heure des réseaux sociaux.

Jean-Sébastien Girard ne cache pas qu’il adore le potinage. Il fait même partie d’un groupe Facebook consacré à cette simple activité. « Des gens qu’on aime moins, des gens du milieu qu’on sait qu’ils n’ont pas été gentils… Bien sûr, il y a un certain plaisir quand on les voit tomber, remarque-t-il. Ce n’est pas beau à dire, mais la nature étant ce qu’elle est, on se réjouit de ceux qui tombent et l’ont peut-être un peu mérité. […] Il y a quelque chose qui nous sort de notre vie, et peut-être aussi qui nous rassure sur notre propre vie. On se dit : "Moi, je n’ai pas fait ça, donc je suis un petit peu mieux qu’eux autres." »

Un goût qui se perd

En tant qu’ancienne animatrice de l’émission Flash, Patricia Paquin reconnaît avoir abondamment donné dans le potin, mais elle se repentit : « Je l’entends, mais je ne le propage plus et, surtout, je n’en retire pas de satisfaction, jure-t-elle. En vieillissant, je n’ai plus envie de me réjouir du malheur de quelqu’un d’autre. J’entends des choses et je me dis : "Mon Dieu, concentrez-vous sur votre propre vie." »

Attention, narcissisme

Le potinage déclenche un mécanisme qui est présent chez les personnalités narcissiques, prévient Nicolas Chevrier : « Ça vient nous conforter, ç’a un effet sur notre estime de nous-mêmes qui est à très, très court terme, souligne-t-il. C’est un mécanisme qu’on appelle de comparaison vers le bas. On le fait aussi dans notre vie de tous les jours : si on a des gens autour de nous qu’on apprécie plus ou moins, lorsqu’il leur arrive un malheur, on trouve une dimension où, pour nous, ça va mieux et on se sent un peu mieux. Ça nous relève un peu en écrasant l’autre. C’est une dimension qui existe dans la gestion de l’estime de soi […] qui est extrêmement malsaine. »

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