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Catherine Perrin
Audio fil du mercredi 4 juillet 2018

La fascination persistante du Tour de France

Publié le

Rigoberto Uran, Chris Froome et Romain Bardet en échappée lors de la 15e étape du Tour de France de 2017.
Rigoberto Uran, Chris Froome et Romain Bardet au Tour de France de 2017   Photo : Getty Images / JEFF PACHOUD

En réduisant ses pelotons pour encadrer la domination de certaines équipes et en diminuant les distances de parcours pour tamiser les possibilités de dopage, la vénérable compétition cycliste démontre qu'elle peut se renouveler. En revanche, le cas de Chris Froome, autorisé à courir malgré un résultat positif pour une substance contrôlée, trahit une position trouble sur la question du dopage. À l'approche du 105e Tour de France, l'ancien cycliste Olivier Haralambon, le chroniqueur David Desjardins et la cycliste Audrey Lemieux font valoir à Stéphan Bureau que l'événement demeure malgré tout une célébration du dépassement.

« Il y a un Vincenzo Nibali, par exemple, qui descend d’une manière extraordinaire en tutoyant sa pulsion de mort », professe David Desjardins, pour décrire la proximité entre le danger et la beauté lors d’une telle course. « Je me souviens d’une descente magnifique au Tour de Lombardie, qu’il a gagné, il y a quelques années, où il venait frôler les murs de pierre le long des lacets, en descendant. Il y a tout ce volet-là qu’on oublie quand on voit le peloton dense au travers des champs, en France, par une belle journée. »

La beauté du risque
« Physiquement, il faut aller loin, confirme Audrey Lemieux. Il faut s’entraîner très, très fort. Il faut mettre beaucoup d’heures. C’est assez exceptionnel, les heures que les cyclistes masculins mettent [à s’entraîner]. Par contre, oui, il y a des risques aussi dans le peloton, [dans] les chutes. C’est assez extrême de voir les batailles féroces qu’il y a à chaque arrivée de course. »

Divine douleur
« À certains moments très rares, on arrive à se débarrasser enfin des contraintes et des contrariétés que vous dicte ce corps qu’on essaie de dresser, jour après jour, dans l’entraînement et les efforts répétés, dit Olivier Haralambon en se remémorant ses années de course. On peut atteindre des sensations tellement merveilleuses qu’on serait prêt à faire des choses désagréables pour les reproduire. Le mot qui vient à la bouche, c’est l’extase. Une des façons d‘envisager le dépassement, c’est la façon presque jésuite : […] c’est dans la douleur, mais cette douleur qui est double, qui est aussi une jouissance. »

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