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Catherine Perrin
Audio fil du vendredi 29 juin 2018

Ce que le gorille Koko nous a appris sur les droits des animaux

Publié le

Le gorille Koko avec un crayon dans la bouche.
Koko, la femelle gorille qui utilisait le langage des signes, est morte le 20 juin à 46 ans.   Photo : Ron Cohn/The Gorilla Foundation

Maintenant qu'il a été prouvé scientifiquement que les animaux peuvent ressentir la souffrance, l'interdiction totale de l'exploitation animale n'est qu'une question de temps. Selon les chercheuses en éthique animale Valéry Giroux et Martine Lachance ainsi que l'historien Éric Baratay, l'écart entre notre considération pour les animaux de compagnie et celle pour les animaux d'élevage tient de moins en moins la route. Ils font valoir à Stéphan Bureau que le traitement réservé aux bêtes ne devrait pas dépendre de la proximité cognitive de certaines espèces avec les humains.

En 2015, le Québec a adopté la Loi visant l’amélioration de la situation juridique de l’animal, qui reconnaît désormais l’animal en tant qu’être sensible et non comme un bien meuble. Le 20 juin, la mort de Koko, un gorille du Zoo de San Francisco, a été rapportée partout dans le monde. L’animal parlait et comprenait le langage des signes, ce qui a permis de faire la lumière sur le psychisme complexe des grands singes. Selon nos invités, ce sont là des exemples du progrès inexorable de la condition animale, reconnaissance qui ne pourra un jour que mener à la fin de la consommation de viande.

Au rythme de la société
« Le droit n’est pas au-devant de la société. Il intègre des règles quand la société est prête à les admettre, souligne Martine Lachance. Ce qui a été fait avec [la loi de 2015], c’est d’intégrer au système juridique des valeurs qui étaient déjà celles de la société, mais avec une différenciation pour les animaux de compagnie, parce que la société est beaucoup plus prête à faire des sacrifices, à imposer des sanctions à quiconque ferait de la maltraitance animale pour un chien ou un chat. […] Questionner l’exploitation de l’animal en élevage, c’est se questionner soi-même et malheureusement, les gens ne sont pas tous prêts à ça. »

Valéry Giroux et Martine Lachance au micro de Stéphan Bureau.
Valéry Giroux et Martine Lachance Photo : Radio-Canada/Olivier Lalande

Cruelle contradiction
« J’imagine qu’on n’a pas assez révélé les problèmes moraux derrière cette contradiction, cette espèce de deux poids, deux mesures qu’on fait entre certains animaux, ajoute Valéry Giroux. L’éthique animale est justement là pour essayer de rendre visible toute une idéologie, l’idéologie carniste, spéciste qui domine dans nos sociétés, c’est-à-dire l’impression que certains animaux ont plus de valeur que d’autres. »

Ferme optimisme
« Il y a vraiment un changement, parce que des idées qui étaient très minoritaires, très confidentielles sont maintenant débattues dans les médias et ont accès à la scène publique, constate Éric Baratay. Je pense que c’est un moment historique. Lorsqu’au 19e siècle, on a commencé à penser la protection des animaux de compagnie, évidemment, cela paraissait tout à fait bizarre. Ce qui se produit maintenant est finalement une extension de ce qu’on a créé pour les animaux de compagnie. On est en train de l’étendre peu à peu aux autres animaux. »

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