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Catherine Perrin
Audio fil du vendredi 25 mai 2018

Le talon haut, symbole de pouvoir ou de soumission?

Publié le

Tina Karr, Pénélope McQuade, Martine Delvaux et Lolitta Dandoy au micro de Catherine Perrin.
Tina Karr, Pénélope McQuade, Martine Delvaux et Lolitta Dandoy   Photo : Radio-Canada / Olivier Lalande

Pour certaines, il s'agit d'un accessoire confortable qui représente l'autonomisation et la prise en main. Pour d'autres, c'est un symbole de la domination de l'homme sur la femme et du contrôle du corps féminin. À l'occasion d'une exposition portant sur le concepteur de chaussures Manolo Blahnik à Toronto, l'auteure Martine Delvaux, la conférencière Tina Karr, l'animatrice Pénélope McQuade et la chroniqueuse de mode Lolitta Dandoy parlent à Catherine Perrin de la difficulté de choisir son camp dans différentes sphères de la société où le port de cette chaussure est implicitement demandé.

« Elles n’ont pas compris le pouvoir que ça donne aux femmes! » lance Tina Karr à propos des féministes, qui, dans les années 1950, ont protesté contre le talon-aiguille de Christian Dior.

L’auteure de L’art de porter les talons hauts rappelle que jusqu’au siècle des Lumières, ce soulier était porté indépendamment par les hommes, les femmes et les enfants de statuts supérieurs. Si les hommes l’ont éventuellement rejeté, les femmes l’ont fièrement porté au moment de revendiquer le droit de vote ou lors de la libération sexuelle. C’est ce qui porte Tina Karr à l’associer à l’émancipation.

La valeur de la hauteur
« Le pouvoir, c’est quelque chose que l’on prend ou que l’on ne prend pas, affirme Tina Karr. On ne portera pas les talons hauts pour aller porter les enfants à la garderie, mais c’est intéressant de voir qu’en entreprise, une femme qui porte des talons hauts […] peut – je dis bien peut – gagner jusqu’à 263 000 $ de plus dans sa carrière. »

Un obstacle à la mobilité
« Une femme peut difficilement courir en talons hauts, tempère Martine Delvaux. Je pense que c’est important de pouvoir courir, de se déplacer dans la vie, d’occuper l’espace. Donc, je suis mitigée. Oui, on peut trouver que c’est une source [d’autonomisation], parce que ça nous élève, mais c’est aussi nous amener à poser, donc pas à nous déplacer, mais à rester sur place. […] Colette Guillaumin, en 1979, critiquait le talon haut en disant : "C’est comme le corset et le soutien-gorge ; tout ce qui enserre le corps des femmes." »

Connotation sexuelle
« Pendant longtemps, j’ai trouvé que le talon haut m’apportait un certain pouvoir, un certain port de corps qui me donnait de l’assurance, raconte Pénélope McQuade. En vieillissant, je me rends compte que mon assurance est d’être "groundée", les deux pieds bien au sol, du haut de mes 5 pieds 5. »

Elle va plus loin : « La pose du corps, quand on est en talons hauts – la croupe soulevée, le dos cambré –, il y a quelque chose de l’offrande sexuelle là-dedans, que je ne peux dissocier de ce diktat de la mode. […] Je ne sais pas à quel point on a envie de devenir un objet sexuel parce qu’on a envie d’être en talons hauts. Comment départager ça? »

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