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Stéphan Bureau
Audio fil du mardi 15 mai 2018

Médecine familiale : le climat malsain qui fait fuir les diplômés

Publié le

Claudel Pétrin-Desrosiers, Christopher Lemieux et Frédérik To au micro de Catherine Perrin.
Claudel Pétrin-Desrosiers, Christopher Lemieux et Frédérik To   Photo : Radio-Canada / Olivier Lalande

Les mesures du ministre de la Santé, Gaétan Barrette, obligeant les médecins de famille à prendre davantage de patients en charge sous peine de pénalités, seraient responsables de la chute libre de l'intérêt des jeunes médecins pour la médecine familiale. C'est l'avis de trois jeune médecins de famille, Valérie Martel, Claudel Pétrin-Desrosiers, et Frédérik To, ainsi que du président de la Fédération des médecins résidents du Québec, Christopher Lemieux. Ils expliquent à Catherine Perrin en quoi ces mesures ont dérobé la médecine familiale d'une souplesse qui était attrayante pour les jeunes médecins.

« Ce que je trouve désolant, c’est qu’on s’acharne sur les médecins de famille depuis quelques mois et ça n’amène pas un climat favorable à une réelle amélioration, dit Claudel Pétrin-Desrosiers. Quand j’ai commencé, on vantait la médecine familiale. C’était l’avenue qui nous permettrait, en tant que professionnels de la santé, de nous épanouir le plus. […] En l’espace de 4, 5 ans, ça a changé complètement. Il y a un climat global, dans la province, qui ne nous permet plus d’envisager la médecine familiale comme on a essayé de la moderniser. De voir des changements aussi rapides amène une certaine incertitude. »

La faute au système de santé
Christopher Lemieux constate que les réformes en santé vont d’un extrême à l’autre : tantôt, on envoie les spécialistes à l’hôpital, puis on les renvoie en cliniques. Il estime qu’on fait dire aux chiffres une chose et son contraire. « Il faut faire attention aux comparaisons avec l’Ontario, souligne-t-il. Le système ontarien n’a pas la même structure que nous. Au Québec, on a beaucoup tendance à mettre les problèmes sur le dos des médecins, mais je pense que notre système de santé a besoin d’améliorations. »

Perceptions erronées
« De l’extérieur, pour les patients et pour les autres, la perception de la médecine de famille est qu’on ne travaille pas nécessairement assez, qu’on n’atteint pas nos cibles de 85 % [de patients pris en charge], déplore Valérie Martel. Mais moi, je peux vous dire qu’il n’y a pas 85 % de la population qui a besoin ou qui souhaite avoir un médecin de famille. Ces objectifs-là ne sont pas nécessairement réalistes. »
« Avec le système très centralisé de notre cher ministre, c’est très difficile d’envoyer des idées plus haut, ajoute-t-elle. On n’a plus notre mot à dire localement. »

Besoins changeants
Frédérik To trouve une certaine logique dans l’alternance, d’une réforme à l’autre, de la concentration des ressources en hôpital, puis en clinique. « Maintenant, le ministère met beaucoup [l’accent] sur la prise en charge. De plus en plus, la population québécoise [va] se retrouver avec un médecin de famille. La tendance pourra éventuellement changer au besoin, […] lorsqu’il n’y aura plus vraiment de patients à prendre en charge. »

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