•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Médium large

Avec Catherine Perrin

Quand les premières dames américaines partent en mission

Audio fil du jeudi 10 mai 2018
Melania Trump prononce un discours devant la Maison-Blanche.

Melania Trump lors du lancement de sa campagne contre le cyberharcèlement, le 7 mai

Photo : AFP/Getty Images / SAUL LOEB

Humaniser le président et porter l'attention du public sur des sujets qui ne sont pas naturels pour ce dernier. Voilà à quoi servent les campagnes que mènent traditionnellement les premières dames américaines depuis les années 1930. En marge du dévoilement d'un programme de Melania Trump contre le cyberharcèlement, la politologue Karine Prémont et le publicitaire Stéphane Mailhiot décrivent à Isabelle Craig les combats qu'ont menés avant elle Eleanor Roosevelt pour les droits civiques, Lady Bird Johnson pour les autoroutes, Jacqueline Kennedy pour la promotion de l'histoire américaine et Laura Bush contre l'analphabétisme.

« Historiquement, les premières dames ont servi à compenser certains manquements dans l’image de monsieur le président, souligne Stéphane Mailhiot. Voir la première dame en mère de famille, en épouse, ça fait du président, par réciprocité, un homme, un mari, un père de famille, donc, un humain. On a élevé le rôle de la première dame à cause de la [vedettarisation] de la politique. »

Causes cherchent visage
« Les causes sont souvent dans l’air du temps, dit-il aussi. C’est souvent la cause du moment qui est reprise. Les causes ont besoin d’un visage. Lorsqu’il y a une nouvelle première dame, souvent, la cause qui n’a pas de visage peut profiter de cette visibilité énorme qu’apporte un personnage politique de haut rang. »

Crédibilité et consensus
Karine Prémont prend l’engagement de Laura Bush pour l’alphabétisation comme exemple d’une campagne réussie. « Laura Bush est une ancienne bibliothécaire, alors, [c’était] une cause très naturelle, qui lui ressemblait, dans laquelle elle s’est bien investie, qui était crédible. C’est pour cela que depuis quelques années, les premières dames adoptent des causes plutôt consensuelles, qui ne peuvent pas porter ombrage à leur mari. On ne peut pas être contre la vertu. On ne peut pas être contre les enfants, contre la santé ou contre l’activité [physique]. »

Aider sans nuire
La politologue précise qu’il hors de question que les premières dames s’attaquent à de gros joueurs qui ont une portée politique. Dans son engagement contre le cyberharcèlement, il ne faut donc pas s’attendre à voir Melania Trump prendre à partie Facebook ni Twitter. « Ce qu’on va faire, c’est se concentrer autour des écoles, des groupes communautaires, prédit-elle. On va faire de la prévention, des campagnes de financement, des conférences, ce genre de choses. […] On s’associe à d’autres organismes qui sont déjà sur le terrain, qui travaillent déjà sur ces questions. »

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !

Vous aimerez aussi