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La précarité empêche-t-elle d’avoir des buts dans la vie?

Médium large

Avec Catherine Perrin

La précarité empêche-t-elle d’avoir des buts dans la vie?

Audio fil du mardi 8 mai 2018
Jean Barbe et Marie-Ève Tremblay au micro de Catherine Perrin.

Jean Barbe et Marie-Ève Tremblay

Photo : Radio-Canada / Olivier Lalande

Selon l'auteur Jean Barbe, les perspectives d'avenir incertaines expliquent les résultats d'un sondage CROP qui révèle que le nombre de Canadiens ayant l'impression de ne pas avoir de buts dans la vie a doublé depuis 15 ans. L'animatrice Marie-Ève Tremblay croit que les jeunes repoussent le moment auquel ils se fixeront des buts précis à atteindre. Pour le psychologue Jean-Louis Drolet, il est normal que la plupart des gens ne sachent pas quel est le sens de leur vie. Au micro de Catherine Perrin, ils débattent de la pertinence d'avancer à coups de petits buts plutôt que de grands objectifs.

« Présentement, quels sont les buts collectifs? Limiter les dégâts. On ne promet pas un avenir très réjouissant, fait valoir Jean Barbe. On ne promet pas ce qu’on promettait quand j’étais jeune : la société des loisirs, la capacité de travailler moins et de s’épanouir plus. On ne promet pas à nos enfants un avenir meilleur que celui qu’on a connu. C’est quand même assez déprimant, quand on y pense. Dans ce cadre-là, on est obligé de développer des buts qui sont tout à fait personnels. »

Quand on est dans une stratégie de survie, quand on a de la difficulté à payer le loyer, la nourriture, les déplacements, comment avoir des buts? Nous sommes une société riche qui s’appauvrit lentement, nous sommes une société privilégiée qui est en train de perdre ses privilèges, doucement.

Jean Barbe

Faire ses devoirs
Jean-Louis Drolet rappelle que le psychologue Abraham Maslow (1908-1970) rapportait qu’une minorité de personnes connaissent le sens de leur vie, signe que l’incertitude à cet égard ne date pas d’hier. « C’est à nous-mêmes de donner un sens à notre vie à partir de notre expérience, affirme-t-il. Il y a trois grandes conditions : d’abord, il faut comprendre [la vie], il faut la rendre intelligible. Deuxièmement, il faut la valoriser, et ça inclut se valoriser soi-même; s’aimer, prendre soin de soi comme il le faut, penser à soi, penser à ce qu’on veut faire avec notre vie. La troisième grande condition, c’est de lui donner une direction. »

Petit train va loin
« Chez les personnes de moins de 35 ans [...] on vit peut-être plus dans le moment présent, propose Marie-Ève Tremblay. On parle de sexe libre, on parle de voyages, on a des petits contrats par-ci par-là. On se plaît là-dedans. Ça ne veut pas dire qu’on est malheureux. On y va peut-être petit peu par petit peu. »

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