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Catherine Perrin
Audio fil du mardi 24 avril 2018

Comment les acrobates vivent avec le danger

Publié le

Maxime Girard, Sarah Poole, Alexandre Royer et Patrice Aubertin au micro de Catherine Perrin.
Maxime Girard, Sarah Poole, Alexandre Royer et Patrice Aubertin   Photo : Radio-Canada / Olivier Lalande

« J'aime ce risque-là, même s'il m'a [presque] coûté la vie. » Maxime Girard a beau être tétraplégique depuis une chute en trampoline, il voit le danger potentiel des arts du cirque comme l'essence de leur beauté. En compagnie d'Alexandra Royer, spécialiste du cerceau aérien, de Sarah Poole, enseignante de corde lisse, et de Patrice Aubertin, de l'École nationale de cirque, il décrit à Catherine Perrin le mélange de peur et de prudence qui anime ces gens habitués à défier la gravité.

« Le cirque sans le risque ne serait pas du cirque », affirme Maxime Girard, qui met son accident sur le compte de l’aisance illusoire qu’il ressentait après une série de 30 spectacles. Il s’est depuis tourné vers la mise en scène. « Le risque est ce qui donne cette beauté au cirque; le feeling qu’on vit quelque chose avec l’artiste chaque soir. […] Je ne changerais pas cette pratique. Il y a toujours une sensibilisation à faire, des précautions à prendre, mais la personne dont il faut le plus se protéger, c’est de soi-même. C’est nous qui voulons nous pousser, qui voulons être bons, qui voulons être les meilleurs. Ce risque-là, quelque part, on l’aime. »

Le devoir de l’acrobate
« On ne prend pas une décision en se disant : "Peut-être que je vais l’avoir" », jure Alexandra Royer. Elle compare l’apprentissage d’un acrobate à celui d’un enfant : il découvre à tâtons ce qui est possible et ce qui ne l’est pas. À l’approche des spectacles, il revient à l’acrobate d’avertir son équipe s’il ne se sent pas capable d’accomplir un numéro. « Aucune compagnie ne va forcer quelqu’un à faire un spectacle. […] Ça ne met pas seulement en jeu notre sécurité sur scène; souvent, nous avons des partenaires. Eux ont confiance en nous et nous avons confiance en eux. »

Elle précise qu’il existe souvent des versions moins périlleuses des numéros au cas où un acrobate se sentirait incapable d’effectuer la version risquée.

Le corps sous un ciel variable
« Les risques sont évolutifs, souligne Patrice Aubertin. Nous sommes des êtres dynamiques : on peut être très prêt, physiquement et mentalement, un lundi et l’être moins le mardi. […] Ça peut être un état de fatigue, un état émotif un peu différent cette journée-là, un état physique un peu différent cette journée-là. »

Le directeur du Centre de recherche, d’innovation et de transfert en arts du cirque de l’École nationale de cirque indique que des études sont en cours pour déterminer les facteurs précis qui font changer le degré de préparation nécessaire à un numéro.

Peur positive
En tant qu’enseignante, Sarah Poole voit la peur de ses élèves comme une bonne chose. « Normalement, on a des craintes quand on ne connaît pas quelque chose, lorsqu’on n’a pas une compréhension assez claire de ce que l’on doit faire. »

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