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Quelle place pour l’aide médicale à mourir dans les soins palliatifs?

Médium large

Avec Catherine Perrin

Quelle place pour l’aide médicale à mourir dans les soins palliatifs?

Audio fil du mardi 17 avril 2018
Un homme âgé étendu sur un lit d'hôpital tient la main d'une femme.

Au Québec , seulement 6 maisons de soins palliatifs sur 32 offrent l'aide médicale à mourir.

Photo : iStock

Au Québec, seulement six maisons de soins palliatifs offrent l'aide médicale à mourir. Dans les autres, la question tend à être abordée avec malaise, et un transfert à l'hôpital possiblement périlleux est requis pour en bénéficier. Quatre spécialistes débattent avec Isabelle Craig de la nécessité de financer davantage les maisons de soins palliatifs, de mieux informer le public et de clarifier la loi sur les soins de fin de vie.

Marjorie Tremblay, médecin en soins palliatifs, estime qu’il est injuste d’en demander plus aux maisons de soins palliatifs alors que leur financement par le gouvernement fait défaut. « Au fond, l’aide médicale à mourir, c’est 2 % des gens qui la demandent, c’est-à-dire environ 1200 personnes par année. Sachant qu’il y a 60 000 décès par année au Québec, c’est 40 000 Québécois qui demandent des soins palliatifs. On n’en parle pas, de ces gens », déplore-t-elle.

Elle souligne que les soins palliatifs et l’aide médicale à mourir resteront deux types de soins distincts tant que les soins palliatifs resteront sous-financés. « Dans [le rapport de] la commission Mourir dans la dignité, en page 30, il y a un constat clair : il y a des efforts considérables et des ressources humaines et financières qui devront être déployés. Je suis un acteur assez important en soins palliatifs au Québec, et sincèrement, je ne vois pas d’efforts considérables. »

Priorité : mieux couvrir le territoire
Même son de cloche de la part de François Gamache, président de l’Alliance des Maisons de soins palliatifs du Québec. Il rappelle que les spécialistes en maison de soins palliatifs n’ont pas nécessairement été formés pour offrir l’aide médicale à mourir : « Je pense que la véritable question serait davantage : est-ce que les gens qui ont besoin de recevoir des soins palliatifs de qualité ont accès à ces soins de qualité? […] Là où il faut mettre de l’énergie maintenant, c’est sur le déploiement de soins palliatifs de qualité partout à la grandeur du territoire québécois, et on est loin, loin, loin de ça. »

Les médecins doivent jouer leur rôle
« L’aide médicale à mourir est une question d’accompagnement, c’est une question de relation médicale entre le patient et son médecin, [ce] médecin n’étant pas nécessairement un médecin de soins palliatifs, fait valoir François Marquis, directeur des soins intensifs au Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux de l’Est-de-l’Île-de-Montréal. C’est autant une affaire de cardiologue, de médecin de famille que d’intensiviste et de médecin de soins palliatifs, et ce n’est pas honnête pour les autres docteurs de juste pelleter ça dans la cour des soins palliatifs. C’est deux visions complètement différentes et complémentaires. Je lance le message à tous les autres docteurs : c’est votre affaire aussi. »

Accès asymétrique
Jean-François Leroux estime que la permission octroyée aux maisons de soins palliatifs de décider d’offrir ou non l’aide médicale à mourir crée une « asymétrie sur le plan de l’accès ». Il note aussi que le Québec offre moins d’aide médicale à mourir à domicile qu’ailleurs au Canada.

« Ce qu’on se fait dire [en ce moment], c’est que tant et si bien que vous souhaitez avoir accès à [l’aide médicale à mourir], il faudra envisager un transfert, dit-il. Je suis d’accord que tous les médecins qui sont dans les maisons de soins palliatifs ne sont pas obligés d’offrir le service, mais à tout le moins, je pense que […] la maison pourrait recevoir en ses murs un médecin pour administrer le soin. »

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