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Stéphan Bureau
Audio fil du jeudi 5 avril 2018

Pourquoi de nombreux journalistes deviennent politiciens

Publié le

Vincent Marissal au micro d'Alain Gravel.
Vincent Marissal est le dernier journaliste à faire le saut en politique.   Photo : Radio-Canada / Stéphanie Mac Farlane

Après des années passées à décortiquer l'actualité, le service public est une suite logique pour bien des journalistes. René Lévesque, Bernard Drainville, Christine St-Pierre, Jean-François Lisée et maintenant Vincent Marissal y ont vu une manière d'affirmer leurs valeurs et de contribuer à la société d'une autre façon. En compagnie d'Alexandre Blanchet, spécialiste de l'opinion politique des journalistes, trois anciens journalistes qui ont fait le saut en politique, Pierre Duchesne, Anne Lagacé Dowson et Jean-Pierre Charbonneau, révèlent à Catherine Perrin qu'ils ont ainsi appris à quel point les politiciens manipulent les médias.

« C’est peut-être parce qu’on a tant observé qu’on a envie de passer à l’action », indique Anne Lagacé Dowson, qui a été candidate pour le Nouveau Parti démocratique (NPD), mais n’a pas été élue. « J’ai été féministe, très préoccupée par l’histoire sociale, par la justice sociale. Je viens d’une famille de syndicalistes. Je crois encore que le journalisme est un outil très important, aussi. Ça fait partie du fonctionnement démocratique. On y joue un rôle important comme journaliste. »

Elle se souvient du moment où elle a décidé de faire le saut : « Je pense que c’est en regardant mes enfants, un soir où ils regardaient un [reportage] sur les changements climatiques. C’était à l’époque de Harper. »

« Le journaliste est démuni »
« Lorsque vous traversez de l’autre côté, vous voyez vos anciens collègues, vous voyez à quoi ils ont accès. On s’aperçoit, parce qu’on a été dans ce rôle-là soi-même, qu’on a finalement accès à très peu d’information en tant que journaliste, souligne Pierre Duchesne. On attend beaucoup des livraisons d‘information, ce qu’on appelle des breaking news. […] On voit la manipulation du côté politique, et on voit à quel point le journaliste est démuni. »

Amour-haine
Jean-Pierre Charbonneau a pratiqué le journalisme sept ans avant de faire le saut en politique. « Il y a une relation amour-haine avec ses anciens collègues, dit-il. Lorsqu’on est de bonne foi, on a l’impression que les journalistes, parfois, tournent les coins ronds. Je me suis fait piéger je ne sais pas combien de fois. Je me disais : "Ils me connaissent, j’étais dans le milieu, alors je vais faire toutes les nuances." Toutes les nuances de gris que j’essayais de mettre, ça ne les intéressait pas. Ils voulaient la "clip", ils voulaient que ça soit en noir et blanc. On finit par se dire : "Comment ai-je fait ce métier la?" »

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