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Catherine Perrin
Audio fil du mardi 3 avril 2018

L’héritage plus actuel que jamais de Martin Luther King

Publié le

Martin Luther King Jr. en plein discours.
Martin Luther King Jr. lors de son célèbre discours I have a dream, le 29 mars 1963 au Lincoln Memorial, à Washington   Photo : Associated Press

Le dévouement, la vision d'ensemble, la sensibilité et les qualités d'orateur du pasteur militant continuent d'inspirer les tenants de la justice sociale, et ce, 50 ans après son assassinat, le 4 avril 1968. Le journaliste Richard Hétu, le sociologue Frédéric Boisrond, la cofondatrice de Québec inclusif Émilie Nicolas et la relationniste et animatrice Martine St-Victor soulignent ce triste anniversaire en citant les extraits de discours de Martin Luther King qui les ont le plus marqués.

Martine St-Victor cite des paroles prononcées lors d’un discours contre la guerre du Vietnam : « Vient un temps où le silence est une trahison. » « Il évoque le fait qu’on demande aux gens d’aller se battre ailleurs, alors qu’on ne prend même pas soin d’eux [chez eux], souligne-t-elle. Ce passage conserve toute sa pertinence aujourd’hui parce qu’il y a encore des revendications à faire. […] On n’a pas à être militant, mais il y a des fois où l’on ne peut absolument rester silencieux. »

Indignation et lassitude
Frédéric Boisrond retient le discours nommé I’m tired of marching, prononcé en 1967, dans lequel Luther King affirme qu’il est las de marcher pour des droits qui auraient dû lui être reconnus à sa naissance. « Je considère que c’est le discours final de la marche comme méthode de revendication, dit le sociologue. Les droits civils ont été accordés aux Noirs en 1870, avec l’Emancipation Act, mais après se sont installées ce qu’on a appelé les lois Jim Crowe, pour créer ce racisme à l’intérieur du système. C’est contre ces lois que [Martin Luther King] se battait. Quand j’écoute ce discours, on sent qu’il a terminé. »

Paroles prémonitoires
Richard Hétu mentionne un discours improvisé de 40 minutes à Memphis – le dernier de Martin Luther King –, prononcé dans la foulée de manifestations d’éboueurs municipaux, que le pasteur devait à l’origine simplement saluer. « Il finit en évoquant ni plus ni moins sa mort, rapporte le journaliste. Il dit : "Je suis la victime ou la cible de victime de menaces perpétuelles. Mais je n’ai pas peur. Et si je ne vois pas la terre promise, je sais que vous allez y être." »

Selon le journaliste, Martin Luther King savait toucher toutes les couches de la société : « Ce qui est intéressant, c’est [de voir] comment la foule – on parle d’éboueurs et de leurs alliés – réagit à ce discours si élevé, si éloquent », note-t-il à propos des paroles prononcées la veille de sa mort, qui citaient notamment des philosophes de la Grèce antique.

Au-delà du nom
Émilie Nicolas déplore que la mémoire de Martin Luther soit évoquée à tort et à travers. « Souvent, on utilise Martin Luther King pour essayer de faire taire les gens qui font des manifestations à Ferguson, à Baltimore. Martin Luther King est maintenant utilisé comme une espèce de tranquillisant, une pilule qu’on essaie d’enfoncer dans le fond de la gorge des gens qui essaient de continuer sa mission », soutient-elle.

Martine St-Victor, Frédéric Boisrond et Émilie Nicolas au micro de Catherine Perrin.
Martine St-Victor, Frédéric Boisrond et Émilie Nicolas Photo : Radio-Canada/Olivier Lalande

Si elle pouvait lui parler, la militante signifierait à Martin Luther King que son message a bien été entendu : « Ce serait important de lui dire qu’on ne se laissera pas faire et qu’un jour, les gens qui continuent de faire son travail seront célébrés avant le cinquantième anniversaire de leur mort. »

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