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Stéphan Bureau
Audio fil du mercredi 28 mars 2018

Faire chambre à part, une pratique salutaire pour certains couples

Publié le

Guillaume Corbeil, Geneviève Labelle et Marcia Pilote au micro de Catherine Perrin
Guillaume Corbeil, Geneviève Labelle et Marcia Pilote   Photo : Radio-Canada / Olivier Lalande

Pour le plaisir de garder un espace pour soi, pour préserver l'harmonie et éviter la monotonie, ou simplement pour éviter les ronflements importuns et mieux dormir, certains couples préfèrent faire chambre à part. La sexologue Geneviève Labelle, le dramaturge Guillaume Corbeil et l'auteure et conférencière Marcia Pilote croient que cette pratique est inutilement taboue. Ils expliquent à Catherine Perrin que loin d'être un symptôme de crise, faire chambre à part peut, au contraire, prolonger et embellir une vie de couple.

« C’est justement pour prévenir les périodes de crise, pour qu’on n’en arrive jamais à cela », affirme Marcia Pilote, pour qui faire chambre à part a été une condition non négociable dans chacune de ses expériences de couple. « Quand j’ai eu des enfants, j’avais 20 ans. J’ai commencé ma vie adulte en même temps que ma vie amoureuse, en même temps que ma vie de famille. J’ai vu mes parents, les femmes de ma vie, mes tantes se perdre. J’ai été très sensible à cela très jeune : se perdre au nom de la famille, [pour] être au service de tout le monde. J’ai pris l’engagement très tôt de ne pas me perdre. J’ai envie de m’appartenir. Pour moi, la seule solution, pour ne pas devenir une famille ou un couple, ça passait par un lieu physique à moi. »

À chaque couple sa dynamique
Geneviève Labelle comprend le pour comme le contre : « Est-ce que tout le monde a besoin d’un espace à soi? Je pense que oui. Est-ce que c’est un espace symbolique, une pièce dans la maison, un espace à l’intérieur de soi, une activité? Ça, il faut voir. Il y a quelque chose d’important dans le choix de dormir ou pas avec l’autre personne. Pour les gens dans la course folle – on parle des enfants, de la vie de famille –, des fois, c’est le moment où l’on se retrouve, complètement brûlé, mais où il y a un contact physique qui fait qu’on garde le lien, un peu. […] Bien sûr, il y a une possibilité [avec le fait de faire chambre à part] que ça rende la vie sexuelle plus intéressante. Ça dépend comment le couple s’est construit. […] Il y a autant de dynamiques de couple qu’il y a de couples. On ne devrait rien tenir pour acquis. »

Comme un univers parallèle
Guillaume Corbeil ne fait pas chambre à part, mais reconnaît l’importance de conserver un espace pour soi dans un couple. « Souvent, c’est quelque chose que les hommes vont se permettre, et moins les femmes, dit-il. J’ai beaucoup d’amis dont le père a toujours cette espèce de man cave, cette espèce de pièce qui est un temple de son adolescence perdue, où il peut encore jouer à ses jeux vidéo, laisser traîner ses boîtes de pizza, pour ensuite retrouver l’espace familial et se sentir bien, parce qu’il sait qu’il n’existe pas qu’à l’intérieur de cette bulle familiale, parce qu’il a son espace d’homme. »

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