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Catherine Perrin
Audio fil du vendredi 16 mars 2018

Parité en musique : les festivals doivent faire leur part

Publié le

Pascale Navarro, Sandy Boutin et Frannie Holder au micro de Catherine Perrin
Pascale Navarro, Sandy Boutin et Frannie Holder   Photo : Radio-Canada / Olivier Lalande

Les événements musicaux doivent cesser de simplement refléter les goûts du public et assumer leur responsabilité sociale en mettant davantage de l'avant les talents féminins. C'est l'avis de la journaliste Pascale Navarro, de la musicienne Frannie Holder et des promoteurs Sandy Boutin et Daniel Gélinas. Ils expliquent à Catherine Perrin comment, en tentant de plaire à tout un chacun, les festivals entretiennent le mythe voulant que le talent d'un homme vaut plus que celui d'une femme.

Longtemps programmateur du Festival d’été de Québec, Daniel Gélinas trouve injuste de cibler les festivals en particulier. « C’est peut-être aller vite et rapidement à quelque chose qui est très visible, souligne-t-il. La mission même d’un événement musical, elle est commerciale, elle est artistique, elle doit faire référence à un paquet de composantes. On doit faire plaisir à la presse, on doit vendre des billets, vendre de la bière, faire plaisir à un certain public. Si on met des quotas, évidemment, c’est une mission supplémentaire que se donnerait un événement. C’est un choix organisationnel. »

Il croit toutefois que les débats engendrés par les récents propos du chanteur Louis-Jean Cormier, à propos des dangers de chercher la parité aux dépens du talent, feront bouger les choses.

Le temps fera son œuvre
Sandy Boutin, qui préside le Festival de musique émergente en Abitibi-Témiscamingue et la maison de disques Simone Records, est maintenant conscient de son rôle dans la recherche d’équité, mais soutient avoir été longtemps préoccupé par d’autres facteurs. « Je n’ai jamais écouté la musique avec un sexe. J’aime une musique ou je ne l’aime pas, les choix sont faits comme ça, dit-il. Avec le temps, tu te rends compte de l’importance qu’un festival peut avoir au niveau sociétal. C’est fondamentalement politique, la programmation d’un festival. […] En France, on voit des festivals voués à la promotion de la musique faite par les femmes. C’est intéressant, mais ici, on n’a pas ça. Je n’en ai pas vu, en tout cas. Il faut en avoir, mais ça vient avec le temps. »

Un système à équilibrer de force
Pascale Navarro réfute la nécessité d’attendre que le temps fasse son œuvre, arguant que l’inactivité favorise le statu quo. « Si vous laissez un système quel qu’il soit – économique, artistique, politique, culturel, n’importe quoi –, il va toujours reproduire les mêmes mécanismes, parce que c’est ce qu’il y a de plus facile, affirme-t-elle. Et c’est correct de l’admettre. Mais après, quand on a un certain pouvoir, il faut se demander : "Qu’est-ce que je fais?" […] Si c’est le système le responsable, c’est aussi aux hommes, individuellement, aujourd’hui, de bouger. »

Sus à la passivité
Même son de cloche de la part de Frannie Holder qui a vu, lors de ses tournées, des festivals musicaux où la parité était naturelle. « Je trouve un peu particulier ou hypocrite de la part des programmateurs de festivals de se considérer comme étant à la fin de la chaîne alimentaire de l’industrie de la musique. C’est comme s’ils disaient : "On prend ce qu’il y a et on l’offre au public", alors qu’ils ont un rôle très actif à jouer. […] L’art devrait être un reflet de la société, et il l’est. Il est un reflet d’une élite masculine blanche. Tu peux rouler des yeux, Sandy, mais il reste que c’est ça. »

Elle dit avoir été surprise lorsqu’elle a participé à un festival au Brésil où il y avait la parité. « Je me suis demandé : "Qui sont toutes ces femmes?" D’habitude, les femmes, c’est soit la chanteuse ou la relationniste de presse. »

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