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Frankenstein, ou le monstre qui exprimait la nature humaine

Médium large

Avec Catherine Perrin

Frankenstein, ou le monstre qui exprimait la nature humaine

Audio fil du mardi 13 mars 2018
Boris Karloff en 1931 dans l'une des adaptations cinématographies les plus connues du roman <i>Frankenstein ou le Prométhée moderne</i>, de Mary Shelley.

Boris Karloff dans Frankenstein (1931), de James Whale

Photo : Associated Press

D'où venons-nous? Qui nous a créés? À quoi bon vivre? Ce sont les questions de base que la jeune Mary Shelley a posait à travers la créature du Dr Frankenstein dans Frankenstein ou le Prométhée moderne, publié en 1818. À l'occasion du 200e anniversaire du roman, les critiques de cinéma Georges Privet, Manon Dumais et André Caron discutent avec Catherine Perrin de l'influence du phénomène Frankenstein sur la fiction moderne, d'Alien à La forme de l'eau en passant par L'homme éléphant, La mouche et La guerre des étoiles.

« Il nous renvoie, quelque part, le reflet de nos préoccupations, de nos obsessions, affirme Georges Privet, au sujet du monstre du Dr Frankenstein. C’est ce qui est extraordinaire dans les grands mythes : ils peuvent être déformés, adaptés au goût du jour, ils gardent leur force originelle. »

Plus pertinent que jamais
Selon lui, le roman de Mary Shelley est encore plus actuel aujourd’hui que lors de sa parution, puisque la technologie a rattrapé l’univers fantasmé de la romancière. « Quel sera notre rapport avec ces nouvelles formes d’intelligence artificielle? Que nous disent-elles de nous-mêmes? Vont-elles nous surpasser? Qu’est-ce qui adviendra de nous si nous demeurons aussi égocentriques? » demande le critique pour évoquer la pertinence continue de l’ouvrage.

Besoin d’amour
Manon Dumais souligne que bien que l’adaptation cinématographique de James Whale ait cimenté l’image de la créature en monstre et celle du Dr Frankenstein en savant fou, le roman de Mary Shelley les dépeignait d’une manière plus nuancée. Selon elle, des échos de la créature se trouvent dans chaque personnage en manque d’amour de la fiction moderne. « Parce que le grand drame de cette créature-là, c’est de ne pas être nommée, de ne pas être connue. »

Quand l’homme se prend pour Dieu
Pour André Caron, le roman de Mary Shelley met en garde contre les effets de la perte de contrôle sur la technologie, et sur les dangers pour l’homme de s’approprier le pouvoir de la femme. « [Le Dr Frankenstein] pense qu’il va créer un Adonis, mais finalement, il se retrouve avec Belzébuth, démontre-t--il. Quand [la créature] ouvre les yeux – c’est ma théorie – [le Dr Frankenstein] fait une espèce de dépression postpartum. Il rejette l’enfant qu’il a créé lui-même. […] La créature va finir par tuer tous les proches de Victor parce que [ce dernier] est trop peureux, trop lâche, trop égoïste pour satisfaire les besoins de sa créature, qui veut une compagne. À ce moment-là, il fait un avortement. »

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