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Catherine Perrin
Audio fil du mercredi 31 janvier 2018

L’automutilation, la douleur qui calme la détresse

Publié le

Edith St-Jean Trudel, Emmie-Wesline Massier et Frédérique Dufort au micro de Catherine Perrin
Edith St-Jean Trudel, Emmie-Wesline Massier et Frédérique Dufort   Photo : Radio-Canada / Olivier Lalande

Pour environ 10 % des jeunes Nord-Américains, les blessures physiques auto-infligées dans une situation de détresse ont un effet anesthésiant. L'isolement, la découverte de nouveaux objets coupants dans le sac d'école et une tenue vestimentaire couvrant le corps peuvent être des indicateurs. Frédérique Dufort, comédienne, Dre Edith St-Jean Trudel, psychologue, et Emmie-Wesline Massier, qui s'est déjà automutilée, expliquent à Catherine Perrin que cette pratique découle d'une mauvaise stratégie pour résoudre des problèmes.

« J’ai commencé à 11 ans. C’était avec des ciseaux. Je me coupais », raconte Emmie-Wesline Massier, qui reconnaît avoir des rechutes. « Ça enlevait la peine que j’avais émotionnellement. En la rendant physique, ça la faisait partir. »

Le péril du silence
Selon l’étudiante, le silence qui a régné dans la demeure familiale lorsque ses parents ont pris conscience de cette habitude n’a pas aidé : « La communication, chez moi, n’est pas quelque chose qui se fait très bien. Mon père a su; je pense qu’il a eu peur. Pendant un mois, il a arrêté de me parler. Il y avait de la tension à la maison. Ma mère, de son bord, est infirmière, alors elle savait ce que c’était. […] Mais on n’en a jamais vraiment reparlé après. Alors, j’ai continué à le faire. C’était juste étrange. Je ne comprenais pas vraiment. À 17 ans, j’ai arrêté à la suite d’une tentative de suicide. À l’hôpital, c’est là que j’ai laissé mes lames de rasoir. J’ai vraiment fait l’effort d’arrêter. Et ça a duré 5 ans. »

Gare à la colère
Edith St-Jean Trudel estime que la seule solution à l’automutilation est d’ouvrir le dialogue : « La communication, c’est l’élément-clé. Il faut garder la porte ouverte. C’est souvent ce que je recommande aux parents qui viennent me consulter. Leur jeune s’automutile, je leur dis : "Il ne faut pas blâmer, il ne faut pas se mettre en colère, il ne faut pas les surveiller, les priver d’aller sur Internet…" Évidemment, on veut les protéger, [mais] le jeune va le faire quand même. Au contraire, il va se fermer. Il va trouver une autre façon de le faire. »

Frédérique Dufort n’a peut-être vécu l’automutilation que dans son rôle de comédienne dans Unité 9, mais cela a incité plus d’un jeune téléspectateur à se confier à elle : « Souvent, ça va leur faire peur d’aller parler directement avec un psychologue, avec des gens qui vont peut-être les juger, ou qui vont leur donner une réponse qu’ils considéreront comme moralisatrice. »

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