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Le prix insoupçonné de l’endettement étudiant

Médium large

Avec Catherine Perrin

Le prix insoupçonné de l’endettement étudiant

Audio fil du mercredi 18 octobre 2017
Stéphanie Grammond, Audrée Vachon et Guillaume Lajoie au micro d'Isabelle Craig

Stéphanie Grammond, Audrée Vachon et Guillaume Lajoie

Photo : Radio-Canada / Olivier Lalande

C'est un mal nécessaire qui suscite sa part de regrets et de stress, qui impose certains choix professionnels, mais qu'on peut aussi alléger en faisant certains détours. Voilà comment Ugo Lévesque, Guillaume Lajoie et Audrée Vachon, trois étudiants actuels ou passés, voient leur décision de contracter des prêts étudiants. En compagnie de la journaliste Stéphanie Grammond, ils expliquent à Isabelle Craig pourquoi il vaut mieux contracter des prêts avec des institutions gouvernementales.

« Jusqu’à tout récemment, j’avais des paiements de 192 $ par mois au gouvernement. Dernièrement, ma marge de crédit a été élevée à 250 $ par mois. J’ai dû aller à la banque pour faire renégocier un prêt, parce que je n’y arrivais plus du tout, raconte Audré Vachon. Ça me faisait des paiements très, très élevés. C’est la raison pour laquelle j’ai un emploi très stable au Théâtre du Nouveau Monde, je ne peux pas vivre seulement à contrat comme comédienne. Parce que je n’arrivais pas en fin de mois. Donc, des projets personnels mis de côté, il y en a eu beaucoup pour moi. »

Le coût de l’autonomie
Ugo Lévesque a contracté environ 100 000 $ en prêts au total pour ses études en médecine, incluant les prêts du gouvernement et celui d’une institution bancaire. Il considère exagéré que des banques prêtent jusqu’à 275 000 $ à des jeunes à peine sortis du cégep, mais croit que dans son cas, le montant alloué était nécessaire. « Durant mes premières années d’université, j’avais de l’aide de mes parents, mais une fois que j’ai été transféré à l’Université de Sherbrooke en médecine, je n’aurais pas pu arriver en travaillant et en étudiant. Pour réussir, il fallait vraiment que je m’investisse à 100 %, et à 24 ans, on ne veut pas rester sous les jupes de sa mère. À ce moment-là, pour moi, la marge de crédit était vraiment une bonne façon de sortir de cette situation. »

Un boulet et ses possibilités
Guillaume Lajoie estime lui aussi avoir dû retarder des projets personnels en raison de ses dettes, mais que les prêts l’ont aidé à réaliser ses projets de vie commune. « Je me suis servi […] du prêt étudiant quand j’ai fait ma maîtrise, dit-il. Quand on a fini un [baccalauréat], on n’est plus lié à la situation financière de nos parents. J’ai pu, à partir de ce prêt, financer une mise de fonds pour une maison. Le pourcentage d’intérêt pour le prêt étudiant est plus bas que le prêt qu’une institution financière peut accorder. »

Le gouvernement, un créancier moins demandant
« Lorsqu’on a le choix, il vaut vraiment mieux aller vers un prêt du gouvernement parce que durant les études, de un, il n’y a pas d’intérêt, et puis quand on termine, on a un six mois de grâce avant de commencer à rembourser, souligne Stéphanie Grammond, qui a signé un article sur cette question dans La Presse (Nouvelle fenêtre). Ensuite, les intérêts sont tout de même beaucoup plus faibles que ce qu’on va avoir au privé avec une marge de crédit étudiante. Effectivement, c’est du crédit relativement bon marché, [mais] il faut le rembourser à un moment donné quand même. Ça ne veut pas dire que c’est bar ouvert et qu’il faut y aller sans compter. »

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