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Catherine Perrin
Audio fil du mardi 17 octobre 2017

Don d’organes : le consentement automatique ne changerait rien

Publié le

Dr Pierre Marsolais et Marie-Anik Grégoire au micro d'Isabelle Craig
Dr Pierre Marsolais et Marie-Anik Grégoire   Photo : Radio-Canada / Olivier Lalande

Si la loi garantit à toute personne ayant exprimé le désir que ses organes soient prélevés à des fins de transplantation à son décès, les médecins permettent encore aux familles des défunts de s'y opposer. Selon le Dr Pierre Marsolais, directeur du Centre de prélèvement d'organes de l'Hôpital du Sacré-Cœur, l'instauration du consentement par défaut ne permettrait pas de faire baisser la liste des 900 Québécois en attente d'un don d'organe. En compagnie d'Éric Gougeon, militant pour le don d'organes, et de Me Marie-Annik Grégoire, avocate, il explique à Isabelle Craig que la seule solution est de développer des unités de prélèvement dans les hôpitaux.

J’ai attendu pendant quatre ans. C’est insupportable, attendre.

Éric Gougeon

« La famille, normalement, respecte la volonté du défunt, si [la personne] avait signé sa carte ou les registres de la RAMQ [Régie de l’assurance maladie du Québec] et de la Chambre des notaires, souligne Pierre Marsolais. [Un des] arguments qu’on entend, c’est : "Oui, mon frère voulait donner ses organes, mais avoir su que ça prenait 36 heures, le temps d’attribution et d’investigation, et que ça ferait pleurer ma mère comme ça, il n’aurait jamais voulu." C’est Ce sont ces ces raisons-là qu’on ne peut pas balayer du revers de la main. On doit tenir compte de cette douleur, de la famille. Si vous me dites : "Docteur, ma fille a signé sa carte, mais il n’est pas question que vous touchiez à ma fille", quel médecin va dire : "De toute façon, vous n’avez pas votre mot à dire, les organes de votre fille, on va les prendre quand même"? »

Trop complexe
Éric Gougeon a eu la vie sauvée par des dons d’organes. Il estime que le débat vaut la peine d’être tenu. « Ce serait si simple que ce soit automatique. Si une personne voulait refuser parce que ça ne correspond pas à ses valeurs ou sa religion […], elle signe un registre de refus », dit-il. Selon lui, les mesures à prendre pour autoriser le don d’organes sont tout simplement trop complexes et la majorité de la population ne les comprend pas.

La volonté du défunt prime
Marie-Annik Grégoire souligne que les pratiques du corps médical peuvent aller à l’encontre de la loi. « Lorsque vous avez exprimé votre consentement dans un des registres ou au dos de votre carte d’assurance maladie […], cette volonté-là prime sur les volontés de la famille. Or, ce n’est pas ce qui se fait en ce moment. […] Il y a 40 % des cas qu’on perd parce que la famille refuse. Théoriquement, la famille, en vertu de la loi, n’a pas un tel droit de veto. La famille n’a droit de veto que lorsque le consentement n’a pas été exprimé. »

Pour recevoir votre collant pour consentir au don d’organes, composez le 1 800 561-9749.

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