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Catherine Perrin
Audio fil du mercredi 20 septembre 2017

Facebook après la mort : les aléas de la page commémorative

Publié le

Haut de la page Facebook commémorative de Richard Legault
Aperçu de la page Facebook de Richard Legault, transformée en page commémorative après sa mort   Photo : facebook.richardrichard.legault

Pour Claudette Séguin et Raphaël Gendron-Martin, le réseau social est une chapelle où ils peuvent se souvenir de Richard Legault, mort subitement il y a deux ans et demi. Comme celle de millions d'abonnés disparus, la page du blogueur a été transformée en page commémorative, où l'on peut encore consulter certaines publications, mais où d'autres fonctions sont inaccessibles. En compagnie de Nadia Seraiocco, conseillère en communication web, la mère et l'ami du défunt parlent à Catherine Perrin de l'importance de Facebook dans le processus du deuil, mais aussi des cruels manquements du réseau lorsque la mort frappe.

Non encore abonnée à Facebook lorsque Richard est mort subitement à 42 ans, Claudette s’est sentie exclue de la page commémorative consacrée à son fils. Elle a rejoint le réseau quatre mois après la tragédie, mais puisqu’elle ne faisait pas partie des contacts Facebook de son fils lorsque celui-ci était vivant, elle ne peut ni y publier quoi que ce soit ni recevoir de notifications lorsque les autres abonnés le font. Elle souhaiterait que quelqu’un de l’entreprise rectifie la situation.

Raphaël Gendron-Martin, pour sa part, ne peut plus voir les messages privés qu’il échangeait avec son ami, puisque la transformation en page commémorative désactive la messagerie.

Thérapeutique
« Je suis arrivée sur Facebook quatre mois plus tard parce que je voulais communiquer avec les amis de Richard. C’était une façon plus simple que par courriel, raconte Claudette Séguin. Richard avait des amis extraordinaires, qui sont restés amis avec moi sur Facebook, et avec lesquels j’ai pu communiquer, exprimer ma peine… Ça a été très, très thérapeutique dans mon cas depuis deux ans et ça l’est encore. Ce que j’aimerais, si j’avais accès à sa page commémorative, serait [d’avoir] un lieu intime où je pourrais aller lui parler directement. Lui dire le quotidien, aller faire un petit tour chaque jour, lui dire ce qu’on a fait, si quelqu’un dans ses amis a fait quelque chose de bien… »

J’ai besoin d’un endroit où aller lui écrire encore.

Claudette Séguin

Point de rencontre
« C’est une façon de garder Richard en vie et aussi de rester en contact avec ses amis, dit Raphaël Gendron-Martin au sujet du principe de la page commémorative. C’est comme devenu un point de rencontre. Ça m’a permis de mieux connaître sa mère, Claudette, qui est très active sur Facebook. Hier, je suis allé voir le spectacle de Katy Perry, que Richard aimait beaucoup. J’ai publié une photo du spectacle sur sa page. J’y écris peut-être aux deux mois, lorsque des moments marquants me rappellent Richard. »

Des règles à améliorer
Selon Nadia Seraiocco, le réseau social ne s’est doté que tout récemment de règles entourant les pages d’abonnés décédés, et ses dirigeants reconnaissent que tout n’est pas encore au point. « Souvent, [les gestionnaires de] Facebook font des règles faciles à suivre pour eux, qui ne sont pas trop embêtantes. Par défaut, on rend le compte commémoratif, on ferme la messagerie parce que ça correspond aux normes de tout ce qui touche les communications par ordinateur dans la loi aux États-Unis. »

Elle souligne qu’il est maintenant possible pour les utilisateurs de Facebook de nommer un légataire chargé de gérer son compte en cas de décès. « Le legs numérique est un phénomène dont on parle depuis à peu près cinq ou six ans. Facebook commence à comprendre un peu. Il y a beaucoup de textes qui s’écrivent à ce sujet. Il faut en parler, il faut écrire là-dessus, il faut que ça se sache parce qu’on est le pain et le beurre [de Facebook] et quand on réagit, [les gestionnaires] veulent que ça aille bien. »

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