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Stéphan Bureau
Audio fil du mercredi 16 août 2017

L’agriculture urbaine : des promesses entre les gratte-ciel

Publié le

Des plants de chou frisé poussent dans les l'une des serres des Fermes Lufa, à Montréal
L'une des serres des Fermes Lufa, un service d'agriculture urbaine, dans l'arrondissement Anjou, à Montréal   Photo : facebook.com/lesfermeslufa

Que ce soit pour la culture maraîchère, l'élevage de volailles ou l'apiculture, les territoires urbains représentent un potentiel encore peu exploité. L'agriculture urbaine peut former une nouvelle génération de cultivateurs, éduquer la population et offrir de nouvelles gammes de produits dotés d'un goût propre. Six spécialistes discutent avec Stéphan Bureau des possibilités et des limites de l'agriculture urbaine, de même que des problèmes de réglementation qui lui font obstacle.

« Si la tendance se maintient, la consommation de viande va baisser avec les années. En principe, ça devrait libérer beaucoup d’espace dans nos campagnes. On va avoir besoin de la relève, besoin des jeunes. Ce seront les jeunes de la ville qui auront appris à travers l’agriculture urbaine », prévoit Francis Madore, producteur de fruits et légumes biologiques. Il estime cependant que la culture en campagne permet d’obtenir une plus grande variété de produits.

Méconnaissance
Katerine-Lune Rollet rappelle que l’absence de culture ou d’élevage en ville est surtout une question de mentalités. En 1966, Jean Drapeau a interdit ces pratiques à Montréal par souci de modernité, en prévision de l’exposition universelle de 1967. « Pour certains urbains, c’est un peu confrontant, souligne-t-elle. Il y a aussi une certaine méconnaissance, il faut le dire – entre autres par rapport aux abeilles. Les abeilles ne piquent pas. […] Les insectes qui vous agacent quand vous mangez sur votre balcon, ce sont des guêpes. Donc, le fait qu’il y ait des ruches à Montréal n’est pas problématique pour les citoyens. » Si les règlements changent peu à peu pour permettre l’agriculture urbaine, les disparités en ce sens d’une ville à l’autre créent la confusion.

Stéphan Bureau entouré de ses invités : Élise Desaulniers, Katerine-Lune Rollet, Jean-Philippe Vermette et Frédéric Morin
Stéphan Bureau entouré de ses invités : Élise Desaulniers, Katerine-Lune Rollet, Jean-Philippe Vermette et Frédéric Morin Photo : Radio-Canada/Olivier Lalande

Complémentarité et équilibre
« On se doit de trouver une complémentarité entre ce qui est produit en ville et ce qui est produit à la campagne pour trouver un équilibre », fait valoir Jean-Philippe Vermette, du Laboratoire d’agriculture urbaine de l’Université du Québec à Montréal. Lui aussi estime que les risques d’abus associés à l’agriculture urbaine ont été surestimés. À preuve, sur les 50 permis d’élevage de poules offerts par l’arrondissement de Rosemont–La Petite-Patrie, à Montréal, seulement 14 ont été réclamés.

Attention aux poules
Élise Desaulniers, chercheuse indépendante, craint qu’une ville comme Montréal ne soit pas l’endroit idéal pour certaines pratiques, par exemple l’élevage de poules. « Il y a 45 % de la population qui a un animal domestique. On le garde en moyenne deux ans. Par la suite, on va le porter dans un refuge, ou bien on le fait euthanasier parce que nos plans de vie ont changé. Une poule, ça vit 15 ans. Est-ce que les gens sont prêts à garder cette poule pendant 15 ans quand on sait qu’après 18 mois, une poule pond beaucoup moins? C’est un problème auquel il faut réfléchir. »

Stéphan Bureau entouré de ses invités : Élise Desaulniers, Katerine-Lune Rollet, Jean-Philippe Vermette et Frédéric Morin
Stéphan Bureau entouré de ses invités : Élise Desaulniers, Katerine-Lune Rollet, Jean-Philippe Vermette et Frédéric Morin Photo : Radio-Canada/Olivier Lalande

Un loisir d’abord
Frédéric Morin, copropriétaire des restaurants Joe Beef et Liverpool House, croit que l’agriculture urbaine est une initiative positive, mais qu’il faut s’abstenir de la politiser ou d’essayer de la rentabiliser. Selon lui, elle nécessite trop d’eau, elle se fait au détriment des campagnes et elle indispose les résidents qui ne s’y adonnent pas, sans compter que la livraison de ses produits entraîne de la pollution.

Diversité nutritionnelle
Pour Pierre Giovenazzo, professeur et chercheur en sciences apicoles, l’apiculture en milieu urbain pourrait permettre de remédier aux problèmes engendrés par la monoculture : « Les apiculteurs sont confrontés à des régions agricoles de plus en plus grandes. On a d’immenses surfaces cultivées avec des monocultures. Les abeilles consomment du pollen, du nectar provenant de fleurs. [Ce qui est] produit dans des régions agricoles peut présenter des lacunes. »

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