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Catherine Perrin
Audio fil du lundi 7 août 2017

Notre société vit dans le déni de la mort

Publié le

Johanne de Montigny, le Dr Alain Vadeboncoeur, et la fondatrice du Centre d'études interdisciplinaires sur la mort à l'UQAM Luce Des Aulniers
Johanne de Montigny, le Dr Alain Vadeboncoeur, et la fondatrice du Centre d'études interdisciplinaires sur la mort à l'UQAM Luce Des Aulniers   Photo : Radio-Canada / Alexis Gacon

« Aucune société n'a accepté la mort comme telle », explique Luce Des Aulniers, fondatrice du Centre d'études interdisciplinaires sur la mort de l'Université du Québec à Montréal (UQAM). Selon elle, une société se construit justement sur le refus de la mort. En compagnie du Dr Alain Vadeboncoeur et de la psychologue Johanne de Montigny, elle tente de décrypter un sujet encore tabou à l'heure actuelle.

Programmés pour éviter la mort
Selon le Dr Alain Vadeboncoeur, nous sommes faits pour contrer la mort, ce qui explique en partie pourquoi elle reste un sujet peu évoqué dans les discussions. Le docteur le regrette et conseille aux gens d’en discuter pour apprivoiser l’idée.

Pour nos ancêtres, la mort des proches était plus courante. Les enfants étaient souvent nombreux et il était fréquent que certains d’entre eux meurent jeunes. Plusieurs enfants de l'arrière-grand-père d'Alain Vadeboncoeur n’avaient pas atteint l’âge adulte au moment de leur mort, explique-t-il. Pourtant, son aïeul affichait une joie de vivre. « Je me vois mal perdre deux enfants sur trois et être un bon vivant. […] On n’a pas la même expérience [de la mort]. »

Si la mort de quelqu’un nous effraie, car elle renvoie à notre propre fin future, Luce Des Aulniers voit dans cette peur qu’exprime la société un indice très sain d’un appétit de vie.

Égaux dans le drame quotidien
Face à une mort imminente, les personnes touchées en prendront conscience plus rapidement que leurs proches, explique Johanne de Montigny. « Quand on est dedans, l’angoisse disparaît. »

Souvent chargé d’annoncer à des familles la mort de leurs proches, le Dr Alain Vadeboncoeur observe que les réactions de ceux-ci à l’égard de la nouvelle sont très simples. « Tout l’aspect de vernis social, qui ils sont, est évacué. »

Vers l’acceptation d’une fin plus lumineuse?
Selon Johanne de Montigny, l’approche de la mort peut faire ressortir les bons côtés des personnes, qui veulent se montrer sous leur meilleur jour.

La mort est côtoyée quotidiennement et pourtant toujours inacceptable. Selon Luce Des Aulniers, « Il s’agit d’accepter notre limite humaine, et pas tant la mort comme telle. L’idée à accepter dans la mort, c’est son mystère. »

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