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Pourquoi la Russie est nostalgique du stalinisme

Médium large

Avec Catherine Perrin

Pourquoi la Russie est nostalgique du stalinisme

Audio fil du jeudi 20 juillet 2017
Une jeune garçon tient un portrait de Joseph Staline lors d'un défilé, le 9 mai 2017, commémorant le 72e anniversaire de la victoire russe sur l'Allemagne nazie.

Une jeune garçon tient un portrait de Joseph Staline lors d'un défilé commémorant le 72e anniversaire de la victoire russe sur l'Allemagne nazie.

Photo : Getty Images / Max Vetrov

Symbole des gloires passées de l'empire russe, l'ancien dictateur Joseph Staline a lentement été réhabilité depuis la fin de la guerre froide, puisqu'il évoque pour les Russes un pays uni et fort. Cette réhabilitation n'a été que renforcée depuis l'arrivée au pouvoir de Vladimir Poutine, qui n'est pourtant pas stalinien. Jean Lévesque, professeur d'histoire, et Jacques Lévesque, professeur émérite de science politique, expliquent à Stéphan Bureau que cette réhabilitation est la conséquence d'un orgueil national malmené depuis la fin de l'ère soviétique.

« Les années 1990, c’est le chaos, la privatisation à tout crin. Et la nostalgie commence, évoque Jean Lévesque. En 1995, c’est le 50e anniversaire de la victoire russe sur l’Allemagne nazie. Staline est une figure centrale de la victoire. […] Les Russes ne pouvaient pas concevoir de fêter sans au moins mentionner Staline. Finalement, ensuite, ça a grossi, ça s’est développé. Les Russes considèrent Staline comme un tyran, mais un grand chef d’État. »

Du sommet aux bas-fonds
« C’est quand même celui qui a porté la Russie, l’URSS [au rang de] deuxième puissance mondiale, souligne Jacques Lévesque. [Vladimir] Poutine dit lui-même que la Russie a la mission d’être une puissance majeure sur la scène internationale. Staline a joué un grand rôle là-dedans. […] Pendant l’élargissement de l’OTAN, les dix premières années du régime postsoviétique, la Russie, sur la scène internationale, est tombée à un niveau très bas, au rang de pays du tiers-monde. »

Poutine gagnant
Selon Jacques Lévesque, cette nostalgie continue de favoriser le président Poutine. « C’est ressenti dans la population. Il y a une espèce d’humiliation profonde qu’ont ressentie les Russes, de se sentir bafoués sur la scène internationale. Des amis russes me disaient : "À l’époque soviétique, on nous détestait, mais au moins, on nous respectait." »

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