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Le deuil d’un conjoint : « C’est comme un trou qui s’ouvre »

Médium large

Avec Catherine Perrin

Le deuil d’un conjoint : « C’est comme un trou qui s’ouvre »

Audio fil du jeudi 8 juin 2017
Dominique Bertrand et Pierre Therrien au micro de Catherine Perrin

Dominique Bertrand et Pierre Therrien

Photo : Radio-Canada / Olivier Lalande

L'animatrice Dominique Bertrand a senti qu'elle frôlait la folie durant trois ans. L'animateur Pierre Therrien a été submergé par la douleur. Ils ont tous deux été confrontés à la mort de leur conjoint, il y a respectivement 19 et 10 ans. Ils expliquent pourquoi devant une telle épreuve, des livres tels Option B, de Sheryl Sandberg, ne sont d'aucune utilité, et pourquoi seuls le temps, un entourage aimant et un milieu de travail compréhensif peuvent apporter du réconfort.

« Ç’a été un choc inouï. Je vous en parle et j’ai encore la chair de poule », se souvient Dominique Bertrand. Son conjoint, Jean, est mort subitement, en 1998, d’une crise cardiaque, alors qu’elle se remettait elle-même d’une opération. « Ça m’a pris 3 ans pour sortir la tête de l’eau. Ç’a été un deuil pénible, difficile, mais qui m’a métamorphosée pour le restant de mes jours. Ça change quelqu’un, un deuil. »

Allers-retours
« Les étapes du deuil ne se font pas de façon linéaire et de la même manière. Ça varie d’une personne à l’autre et, en plus, ça se chevauche. On peut avoir un moment de colère un matin et 15 minutes après, se mettre à pleurer comme un veau jusqu’à 16 h, et ensuite se sentir coupable. Ce sont toutes des étapes normales qui se chevauchent. Quand on pense qu’on est rendu à l’étape 3, des fois, on se réveille le lendemain et on est revenu à l’étape 1. »

Ne pas y croire
« Je ne l’ai pas vu venir. On n’y a pas cru jusqu’à la fin », raconte Pierre Therrien. Sa compagne Marie-Claude est morte en 2007 d’une leucémie « rare et virulente » après 8 mois de traitements infructueux, au terme desquels les médecins ont prévenu le couple que la fin était proche. Les principaux intéressés se sont pourtant accrochés à l’espoir.

« On s’est regardés, on a parlé, on s’est dit : "Ben voyons, on n’a pas fait tout ça pour rien! Ils sont en train de nous dire que c’est fini? Non, non." »

Épouvantable
« C’est épouvantable, dit-il au sujet des lendemains de l’épreuve. On était convaincus, Marie-Claude et moi, qu’on allait trouver une solution, qu’on allait trouver une médecine alternative, qu’on allait aller en Inde… »

Si Dominique Bertrand estime qu’un ouvrage comme celui de Mme Sandberg peut aider en partie à cause du témoignage humain qu’il présente, Pierre Therrien s’est senti irrité par ce qu’il décrit comme un ramassis de conseils vides sur le bien-être.

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