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Médium large

Avec Catherine Perrin

Treize raisons, une série sur le suicide adolescent qui fait réagir

Audio fil du vendredi 21 avril 2017
Émile Roy, Dina Akram,Jérôme Gaudreault et Frédéric Lambert au micro de Catherine Perrin

Émile Roy, Dina Akram,Jérôme Gaudreault et Frédéric Lambert

Photo : Radio-Canada / Olivier Lalande

Le réalisme brutal de la nouvelle série du service en ligne Netflix est touchant pour certains, mais irresponsable pour d'autres. On y raconte les derniers jours d'une adolescente qui s'est suicidée après avoir été mêlée à des histoires de harcèlement sexuel et de cyberintimidation. L'étudiante Dina Akram, le vidéaste Émile Roy, le directeur général de l'Association québécoise de prévention du suicide, Jérôme Gaudreault, et le musicien Frédéric Lambert discutent avec Catherine Perrin de la pertinence d'avoir montré explicitement le suicide d'un personnage dans Treize raisons.

Jérôme Gaudreault affirme que les répercussions de la série se font déjà sentir chez les intervenants en suicide. « Sur les lignes d’écoute, il commence à y avoir des gens qui se questionnent, dit-il. Ils ont vu la série, cela a remué certains éléments, ils souhaitent en parler davantage. […] Certains sont bousculés, sont assez affectés par le contenu de la série. Les intervenants, malheureusement, ne sont pas outillés pour aborder cette situation. »

Bande-annonce de 13 Reasons Why (version originale anglaise)

Dangereuse inspiration
« La difficulté, c’est qu’on ne sait pas dans quel état d’esprit sont tous les gens qui regardent la série, poursuit Jérôme Gaudreault. Si l’on a vécu des difficultés semblables à celles que le personnage d’Anna a vécues, il se pourrait que l’on s’identifie beaucoup au personnage et que l’on [estime] que le suicide est la seule option qui reste. »

L’utilité de montrer les vraies choses
Dina Akram dit avoir été extrêmement touchée par Treize raisons, qu’elle salue pour avoir bien montré l’embarras des parents et des intervenants devant le suicide chez les adolescents. Selon elle, les producteurs ont bien fait de montrer le suicide du personnage principal, Anna. « Peut-être que montrer Anna qui s’ouvre les veines, c’est une manière de "déromancer" [le suicide], propose-t-elle. Souvent, la manière dont on aborde le suicide dans les [fictions], c’est [de présenter] une personne qui avale beaucoup de pilules et qui donne l’air d’avoir une mort paisible, dans son sommeil. [Dans Treize raisons,] c’est super explicite, mais ça dit : "Si je m’enlève la vie, ça fait mal, ce n’est pas beau, ce n’est pas héroïque." »

Émile Roy est d’accord : « Plusieurs scènes sont difficiles à regarder. C’est une des forces de la série : jamais on ne cache, jamais on n’évite les sujets tabous. […] La série prend le parti d’être la plus vraie possible. Finalement, ça sert la série d’exprimer la réalité d’un jeune. »

RESSOURCES
Association québécoise de prévention du suicide (Nouvelle fenêtre) : 1-866-277-3553
Tel-jeunes (Nouvelle fenêtre) : 514-600-1002 (textos) ou 1-800-263-2266 (téléphone)

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