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Catherine Perrin
Audio fil du mercredi 8 mai 2019

La détresse psychologique sous-estimée des policiers

Publié le

Michel Oligny et Martine Laurier au micro de Catherine Perrin.
Michel Oligny et Martine Laurier   Photo : Radio-Canada / Olivier Lalande

La pression de performer, le souci de correspondre au stéréotype du policier invincible, l'exposition constante aux événements dramatiques et, en région, l'éloignement rendent les représentants des forces de l'ordre particulièrement vulnérables à l'anxiété, au stress post-traumatique et aux idées suicidaires. Michel Oligny, travailleur social et ex-policier, Martine Laurier, policière retraitée, Stéphanie Paquette, du centre de thérapie La Vigile, et Christophe Korell, policier français, discutent avec Catherine Perrin de la difficulté qu'ont des gardiens de la paix à demander de l'aide.

« J’ai voulu attenter à mes jours. Mon arme de service, je l’avais à la maison. J’étais suivie depuis plusieurs années par le programme d’aide aux policiers, raconte Martine Laurier. Je n’ai pas pris le téléphone pour appeler, pour demander de l’aide. C’est un collègue, qui a eu l’intuition que je n’allais pas bien, qui a pris l’initiative de prendre l’auto et de venir à la maison. Ils ont appelé le programme d’aide et ont dit : "On la conduit en psychiatrie." »

Le collègue qui souffre se sent seul. Il se sent jugé. Il n’a pas le goût de parler. Il ne se sent pas à la hauteur.

Martine Laurier

La misère au quotidien

« Les drames qui me touchaient le plus [étaient ceux en lien avec] la violence faite aux enfants, la violence faite aux femmes, les enfants qui sont agressés sexuellement… Ça m’a toujours touché de façon particulière, affirme Michel Oligny. Aussi, ce qui n’est pas facile dans notre profession, c’est l’annonce de décès. Vous arrivez en plein après-midi, en plein congé, les gens sont de bonne humeur, et vous êtes porteur de mauvaises nouvelles. »

On entre dans une famille, on amène un drame, mais on le vit, ce drame, aussi. Ce sont les dommages collatéraux. On voit la crise des gens, on voit la détresse des gens et on voit la peine des gens.

Michel Oligny

Tyrannie des chiffres

Christophe Korell note que la suite de mouvements sociaux et d’attentats, depuis 2015, a fragilisé la police française, mais il attribue cette fragilisation surtout à une vision très comptable du métier de policier. « Plutôt que juger la police sur l’efficacité de son travail, on la juge sur les chiffres, sur le nombre d’interpellations, etc., dit-il. Ça crée un petit peu, notamment, une perte du sens du métier pour les policiers. »


Les personnes en détresse psychologique ainsi que leurs proches peuvent obtenir de l'aide en tout temps en composant le 1 866 APPELLE (277-3553).

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