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Les profondes cicatrices psychologiques laissées par les inondations

Médium large

Avec Catherine Perrin

Les profondes cicatrices psychologiques laissées par les inondations

Audio fil du mardi 30 avril 2019
Pascale Brillon, Claude Sabourin et Danielle Rousseau au micro de Catherine Perrin.

Pascale Brillon, Claude Sabourin et Danielle Rousseau

Photo : Radio-Canada / Olivier Lalande

Pressions financières, angoisse d'avoir perdu ses possessions, attente, bureaucratie, manque de délicatesse des intervenants... Les victimes d'inondations doivent vivre longtemps avec les conséquences d'une brève catastrophe naturelle. Claude Sabourin et Danielle Rousseau, sinistrés en 2017, Annie Larouche, sinistrée du déluge du Saguenay, en 1996, et Pascale Brillon, psychologue spécialisée en stress post-traumatique, expliquent à Catherine Perrin comment des inondations bouleversent les projets des victimes et s'apparentent à un vol tant elles détruisent leur intimité.

« Il y a toujours des choses à régler, toutes sortes de problèmes, d’anicroches. On a un "oui" une journée, un "non" une autre journée », déplore Claude Sabourin, dont la demeure n’est toujours pas habitable deux ans plus tard.

D’un côté, les retards dans l’aide gouvernementale promise ont permis à la moisissure de se propager et ont ravagé la tuyauterie. De l’autre, les avis tardifs d’experts gouvernementaux ont contrecarré des réparations déjà en cours. « Ça demande beaucoup d’énergie. »

S’il vous plaît, arrêtez de nous dire : "Oui, mais vous aviez juste à ne pas acheter dans une zone inondable." Vous ne savez pas à quel point ça peut atteindre quelqu’un de se faire dire des choses comme celles-là. Nous n’étions même pas dans une zone inondable.

Danielle Rousseau

Plus que des murs

« Une maison, c’est aussi notre endroit de retrouvailles, l’endroit qu’on a bâti, [qui contient] les choses qu’on veut léguer à nos enfants. C’est autre chose que quatre murs », affirme Pascale Brillon.

L’angoissant son de la pluie

Même après 23 ans, Annie Larouche demeure hypersensible à tout ce qui peut évoquer le déluge qui a détruit le commerce et la demeurede sa famille, en 1996. « Dès qu’il pleut de façon soutenue pendant une longue période, j’ai des images, des sensations physiques, aussi, évoque-t-elle. C’est un peu les émotions qui ont été vécues à l’époque qui reviennent. »


Pascale Brillon est également directrice de l’Institut Alpha et professeure au Département de psychologie de l’Université du Québec à Montréal.

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