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Catherine Perrin
Audio fil du mercredi 10 avril 2019

La maltraitance financière des aînés, ou quand les proches empochent

Publié le

Marie Beaulieu, Nicolas Senet, Anna Kamateros et Mélanie Couture au micro de Catherine Perrin.
Marie Beaulieu, Nicolas Senet, Anna Kamateros et Mélanie Couture   Photo : Radio-Canada / Olivier Lalande

Des personnes âgées consacrent une partie souvent inquiétante de leurs économies ou de leurs subventions gouvernementales à aider un enfant, un conjoint, un voisin ou un proche aidant. C'est la deuxième forme d'abus des aînés au Québec, et un phénomène qui a quadruplé entre 2013 et 2017 pour atteindre 7 % des aînés dans le monde. Marie Beaulieu et Mélanie Couture, chercheuses, Nicolas Senet, travailleur social, et Anna Kamateros, notaire, expliquent à Catherine Perrin que ce sont souvent les aînés les moins fortunés qui en souffrent.

Selon Marie Beaulieu, de nombreuses victimes de maltraitance financière n’osent pas dénoncer leur agresseur, soit parce qu’elles ont honte, soit parce que le responsable est un proche. « Quand c’est le fils ou la fille de madame, ça devient très difficile de demander de l’aide, dit-elle. La personne qui exploite a soit une dépendance au jeu, à l’alcool ou aux drogues. Un cas classique, c’est un enfant adulte qui soit n’est jamais parti de la maison, soit revient vivre chez papa maman, offre un certain nombre de services ou du soutien, mais utilise aussi le capital de la personne. »

Quand on sait où s’adresser, qu’on a le sentiment qu’on va être cru, qu’on ne sera pas jugé, c’est plus facile d’en parler.

Marie Beaulieu

Gare à l’isolement

Nicolas Senet constate que la cause la plus fréquente de la maltraitance financière est l’isolement. « En vieillissant, notre réseau social a tendance à diminuer par la force des choses, parce qu’il vieillit lui aussi, souligne-t-il. Il y a la maladie aussi, qui a tendance à isoler. »

Le travailleur social note que les aînés qui dépendent d’une aide extérieure sont aussi particulièrement vulnérables. « Ça peut être quelqu’un qui nous aide à nous lever de notre chaise, qui nous fait à manger, qui va faire les courses… »

Endurer pour ne pas se brouiller

Mélanie Couture indique qu’une victime peut réaliser pleinement qu’elle se fait arnaquer, mais néanmoins refuser de signaler le ou la responsable pour ne pas ruiner la relation qui les unit. « C’est comme quand on paie de l’essence trop cher, compare-t-elle. On se sent un peu berné, on se sent obligé, on est pris, on a honte, mais on le fait quand même. »

Le double tranchant de la procuration

Selon Anna Kamateros, certains cas d’abus surviennent à la suite d’une entente de procuration générale, qui donne au proche d’un aîné un accès à ses finances en cas d’inaptitude. « Il faut vraiment leur expliquer que du moment qu’ils signent une procuration générale, ils donnent des pouvoirs extrêmement [importants] à la personne qu’ils nomment comme représentante, affirme la notaire. Cette personne pourra, techniquement et légalement parlant, vider le compte [du titulaire] du jour au lendemain. »

Pour contacter la ligne Aide abus aînés, composez le 1 888 489-2287.

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