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Catherine Perrin
Audio fil du jeudi 21 mars 2019

Aux origines de notre fascination pour le voyage dans le temps

Publié le

Un homme aux cheveux blancs avec une télécommande, et un autre plus jeune, l'air subjugué.
Retour vers le futur, de Robert Zemeckis   Photo : Amblin Entertainment

Du roman La machine à voyager dans le temps au film Interstellaire en passant par l'œuvre d'Isaac Asimov et la trilogie Retour vers le futur, la culture populaire aime revisiter le mythe du déplacement temporel. Pierre Chastenay, astronome, et Samuel Archibald, auteur, parlent à Catherine Perrin des réflexions que ce thème permet d'émettre et des implacables lois de la thermodynamique qui rendent le voyage dans le temps difficile à envisager.

« À chaque instant, il y a un embranchement de futurs possibles, qui existent tous en parallèle les uns des autres, souligne Pierre Chastenay. Donc, quand on parle de revenir dans le passé, une des questions que ça soulève, c’est : est-ce que je reviens dans le passé dans le même univers où je suis présentement, ou est-ce que je peux voyager dans le passé d’un autre univers parallèle? »

« C’est comme si c’était une tentation à laquelle on ne pouvait pas résister, dit Samuel Archibald. La morale d’à peu près tous les livres, toutes les histoires qui mettent en scène un voyage vers le passé, c’est : tu serais peut-être mieux de ne pas faire ça. Tu serais peut-être mieux d’accepter ta vie comme elle est, parce que c’est vraiment très dangereux d’aller changer les choses. »

Albert Einstein, agent de voyage temporel

Nos deux invités soulignent l’apport d’Albert Einstein dans l’élaboration du fantasme du retour dans le passé. « Dès L’Épopée de Gilgamesh, dans la légende arthurienne, on a souvent la figure du grand dormeur, donc, de quelqu’un qui va s’endormir pour 200, 300 ans et voir le monde changer, note Samuel Archibald. On a beaucoup d’exemples de voyages dans l’espace avant qu’il y ait des astronefs, mais le voyage dans le passé, on dirait qu’avant Einstein, il n’y a à peu près rien. Pourtant, Einstein ne nous le rend pas possible, mais on dirait qu’il nous dit à quel point notre conception du temps était peut-être trop simpliste, ou erronée. Donc, il ouvre cette possibilité-là, qui est très moderne, et qui est même pas mal du 20e siècle, en fait. »

« Ce qu’Einstein a lancé, dans la culture populaire, avec ses deux théories de la relativité, c’est cette idée que le temps est relatif, que la mesure des distances est relative également, et que la causalité – donc un événement qui se produit avant un autre – dépend de l’observateur, confirme Pierre Chastenay. Pour deux observateurs, dont l’un est au repos et l’autre se déplace à grande vitesse, un éclair et le tonnerre qui tonne peuvent être inversés dans certaines situations. Cette remise en question de la causalité date effectivement d’Einstein. C’est un peu [là que] la culture populaire a compris les conséquences de la relativité générale et de la relativité restreinte. »

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