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Catherine Perrin
Audio fil du mercredi 27 février 2019

Travailleurs étrangers : Québec souffre de sa bureaucratie

Publié le

Martine Hébert et Nadine Landry au micro de Catherine Perrin.
Martine Hébert et Nadine Landry   Photo : Radio-Canada / Olivier Lalande

Le Québec doit se doter d'une grille de sélection conforme aux besoins des employeurs et alléger sa bureaucratie. C'est ce que préconisent Nadine Landry, avocate au cabinet PWC, et Martine Hébert, vice-présidente de la Fédération canadienne de l'entreprise indépendante, pour pallier la pénurie de main-d'œuvre. Au micro de Catherine Perrin, elles déplorent l'absence d'une vraie réforme du gouvernement Legault, et font valoir que le Québec est désavantagé par rapport aux autres provinces à ce chapitre.

Nadine Landry souligne que d’autres provinces ont des programmes provinciaux de sélection de la main-d’œuvre étrangère, lesquels s’avèrent beaucoup plus efficaces que la façon de faire au Québec.

« En Colombie-Britannique, en technologie, on peut avoir une nomination au provincial en 48 heures, dit-elle. [Les employeurs] font des invitations toutes les semaines. Le profil est soumis, approuvé en 48 heures, et après ça, on peut le soumettre au fédéral sous [le programme] Entrée express, et c’est traité en moins de six mois. »

Délais prohibitifs

Au Québec, la même personne suivrait une trajectoire totalement différente : « Premièrement, si elle ne parle pas français, on ne peut pas lui dire si elle va même avoir le droit de soumette une demande de Certification de sélection du Québec (CSQ), et si elle obtient une invitation [d’un employeur], ce sera 6 mois pour [obtenir le] CSQ, plus 19 mois [pour traiter la demande d’immigration] au fédéral. Donc, on parle de deux ans [d’attente]. »

Le Québec sous-utilise les programmes de travailleurs étrangers, parce que c’est plus lourd administrativement, ça coûte plus cher que dans toutes les autres provinces, et ça ne donne pas accès à la résidence permanente.

Nadine Landry

Problèmes d’arrimage

Martine Hébert croit que le Québec éprouve aussi des « problèmes de casting ». « Au cours des 10 dernières années, ce qu’on a beaucoup accueilli au Québec, ce sont des gens qui avaient des qualifications plus importantes – des cadres, des gestionnaires, des diplômes universitaires – alors que 60 % des postes disponibles dans les entreprises des régions sont des postes [pour des gens] très peu qualifiés, indique-t-elle. Malheureusement, en raison de la grille de sélection que Québec applique, les personnes moins qualifiées ont beaucoup de difficultés à passer au système d’immigration permanente. Ça fait en sorte que finalement, un immigrant sur deux […] est surqualifié par rapport aux postes à pourvoir. »

Elle conclut : « Ce n’est bon ni pour la personne [qui vient travailler ici] ni pour la société québécoise. On a un gros problème d’arrimage entre les critères de sélection qu’on applique et [le profil des immigrants]. »

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