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Le plaisir incompréhensible de regarder des boutons se faire crever

Médium large

Avec Catherine Perrin

Le plaisir incompréhensible de regarder des boutons se faire crever

Audio fil du mardi 12 février 2019
Un homme crève un bouton sur son nez.

Des vidéos dans lesquelles on voit des boutons se faire crever ont été regardés plus de 3 milliards de fois sur YouTube.

Photo : iStock

Regarder une dermatologue extraire des boutons, des kystes ou des points noirs de l'épiderme de ses patients, c'est s'imaginer le soulagement, mais aussi le dégoût qu'on pourrait ressentir si ça nous arrivait. Voilà ce qui explique, selon Hugo Dumas, Ghassan El-Baalbaki et Marc Lafrance, la popularité des vidéos de Sandra Lee, alias Dr Pimple Popper. Le chroniqueur, le psychologue et le sociologue expliquent à Catherine Perrin que la fascination pour l'extraction de corps étrangers est un réflexe inné, analogue à celui des primates qui retirent leurs puces.

« C’est une thérapie par osmose, propose Marc Lafrance. Ça nous donne peut-être, pour un instant, la possibilité de reprendre le contrôle sur notre peau, parce que la peau a sa propre chorégraphie, elle a sa propre logique et sa propre intelligence, qui nous frustrent parfois. »

Lorsqu’on joue avec des boutons, on sait très bien que ça peut empirer la cicatrice. C’est une grosse interdiction. Lorsqu’on voit quelqu’un le faire à l’écran, on peut bénéficier de cette expérience sans culpabilité.

Marc Lafrance

Du plus profond des neurones

« Enlever une bosse va engendrer un sentiment de soulagement par une activation d’une région du cerveau, le noyau accumbens septi, qui lui est associé à la sensation du plaisir, du rire, de l’empathie, souligne Ghassan El-Baalbaki. Ça peut [produire] de la dopamine. »

Selon le psychologue, une réaction de dégoût est tout aussi atavique. Il privilégie toutefois une troisième hypothèse : « Il y a là quelque chose sur le plan des neurones miroirs. Ce sont des neurones dans notre cerveau qui fonctionnent et qui s’activent de la même manière, que nous soyons en train de faire l’activité nous-même, que nous observions quelqu’un la faire ou même que nous l’imaginions. »

Pustules en spectacle

« Il y a un aspect spectaculaire », dit Hugo Dumas au sujet de travail de la Dre Lee. « Quand elle fait de grosses extractions, les gens aiment voir tout ce que [les boutons] contiennent. Elle fait attention de ne pas mettre de sang ou de trucs gore. Elle appelle ça du gruau, ce que les bosses contiennent. Elle leur donne des noms : "Voici Marcel. C’est avec lui que vous avez passé les 20 dernières années de votre vie. Vous pouvez lui dire au revoir." »

L’émission Dre Boutons est diffusée le lundi à 21 h à Canal Vie.

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