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Catherine Perrin
Audio fil du mercredi 6 février 2019

Affaires : comment réglementer sans étouffer l’innovation

Publié le

Dardan Isufi, Diane Bérard et Guillaume Lavoie au micro de Catherine Perrin.
Dardan Isufi, Diane Bérard et Guillaume Lavoie   Photo : Radio-Canada / Olivier Lalande

L'État doit apprendre à faire la différence entre les pressions de lobbys et la protection du public pour que le cadre réglementaire s'adapte plus rapidement aux nouveaux modèles d'affaires d'entreprises dématérialisées. Diane Bérard, chroniqueuse économique, Guillaume Lavoie, spécialiste en économie collaborative et en politiques publiques, et Dardan Isufi, cocréateur de l'application de covoiturage Eva, font valoir à Catherine Perrin que les réponses gouvernementales à Airbnb et Uber sont des exemples à ne pas suivre.

« Une innovation devrait améliorer la vie des gens, un processus ou une façon de faire », souligne Diane Bérard.

Le bien commun d’abord

Selon elle, toute réglementation devrait tenir compte du but premier d’un nouveau modèle et permettre l’atteinte de ce but. « Il faut […] progresser, mais toujours en protégeant le bien commun et en s’assurant que les raisons pour lesquelles on ne bouge pas la réglementation [en place] sont des raisons de bien commun, et non pas de lobbys. C’est toujours ça qui m’inquiète. »

Les entreprises qui n’innovent pas ont intérêt à ce que la réglementation ne change pas. La force d’inertie vient beaucoup [de ce] groupe.

Diane Bérard

La protection qui tue

« Si, par exemple, pour protéger les gens contre un empoisonnement alimentaire, j’oblige tous les restaurants à avoir un fonds d’indemnisation de 2 millions de dollars, il n’y aura que des McDonald’s et des Burger King au Québec », offre Guillaume Lavoie en guise d’exemple de réglementation excessive. Ce n’est pas vrai que le petit restaurateur qui fait un produit extraordinaire va être capable de mettre 2 millions de dollars de côté. Le gouvernement doit être très conscient de ça. Plus les règles sont exigeantes, plus je suis en train de dire : "Il n’y aura que des grands joueurs, ici." »

L’innovation dans l’ordre et la discipline, ça n’existe pas. Par définition, ça dérange.

Guillaume Lavoie

Initiatives dissuadées

Dardan Isufi indique que c’est précisément en raison de règlements contraignants que l’application Eva, qu’il a cocréée, n’est pas encore en service. Sorte de version d’Uber permettant aux conducteurs de garder 85 % des frais de course, Eva doit respecter des règles strictes, et parfois insurmontables pour ses moyens, concernant la vérification des antécédents judiciaires de ses conducteurs, la formation de ces derniers, l’assurance des véhicules et le versement d’acomptes provisionnels.

« Uber a eu la possibilité de croître dans un environnement qui permettait une croissance, dit l’entrepreneur. On n’est pas contre la protection de l’intérêt du public, mais il faut également permettre à des initiatives locales de [prospérer]. Le modèle coopératif n’est aucunement adapté à cette réglementation-là, et pourtant, c’est un modèle d’économie sociale solidaire, qui permet de revitaliser l’économie locale. »

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