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Catherine Perrin
Audio fil du mardi 5 février 2019

Port de signes religieux : l’interdiction brimerait-elle les femmes?

Publié le

Pascale Navarro et Nadia El-Mabrouk au micro de Catherine Perrin.
Pascale Navarro et Nadia El-Mabrouk   Photo : Radio-Canada / Olivier Lalande

Pour Nadia El-Mabrouk, le port de signes religieux est une forme de prosélytisme qui menace la liberté de conscience des enfants. Pascale Navarro dénonce le fait que ce débat soit axé sur le voile, et craint qu'une interdiction menace le bien-être et l'intégration des femmes musulmanes. Au terme d'une controverse entourant l'annulation d'une conférence que devait donner Mme Mabrouk, la militante pro-laïcité et la journaliste parlent à Catherine Perrin de débattre sereinement dans ce dossier.

Censée prononcer une conférence sur la laïcité à l’occasion du colloque de l’Alliance de professeurs et des professeures de Montréal, Nadia El-Mabrouk a été désinvitée en raison de sa position sur les signes religieux et de son opposition à l’enseignement de la réalité queer aux enfants. Pascale Navarro, qui devait aussi participer au colloque, s’est désistée pour s’opposer à ce qu’elle estimait être de la censure.

« On est dans un discours très manichéen. Il y a les bons et les méchants, mais on ne sait pas […] qui décide ce qu’on a le droit de dire », déplore Mme Mabrouk.

« Je ne concevais pas qu’on brime une parole de femme qui ne nous plaît pas », dit Pascale Navarro, à propos de son refus.

Protéger les enfants d’abord

Sur le fond, le discours des deux militantes féministes diffère. « On parle beaucoup du droit des enseignantes de porter le voile, mais [qu’en est-il du] droit des enfants d’être protégés? » demande Nadia El-Mabrouk.

Elle souligne que le fondement même de la publicité repose sur le principe de l’affichage, et que, par conséquent, l’affichage de signes religieux est nocif pour les enfants. « Imaginez une petite fille musulmane qui subit des pressions à la maison pour porter le voile, illustre-t-elle. Comment voulez-vous qu’elle se confie à son enseignante si son enseignante est voilée, si sa gardienne en service de garde est voilée et si, dans les cours d’éthique et culture religieuse, on lui dit qu’une musulmane porte le voile? Évidemment que c’est porteur de messages. »

Pour la liberté, contre les présomptions

« Au nom de la même liberté de conscience, nous avons aussi le droit d’exprimer nos croyances religieuses », rétorque Pascale Navarro.

« Si on pense que le fait [que les femmes] portent un voile est dû à l’obligation de la famille, du mari ou de l’imam ou je ne sais trop, qu’en sera-t-il si elles ne le portent pas? demande l’auteure. Est-ce qu’on est dans leurs souliers pour savoir comment ça va se passer et quelle liberté elles pourront exercer? Le mot-clé, dans tout ça, c’est : intégration. Je ne pense pas qu’en leur retirant leur droit, on favorise leur intégration. »

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