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Catherine Perrin
Audio fil du vendredi 18 janvier 2019

Il faut réduire le fardeau médicamenteux des aînés

Publié le

René Wittmer, Denis Roy et Cara Tannenbaum au micro de Catherine Perrin.
René Wittmer, Denis Roy et Cara Tannenbaum   Photo : Radio-Canada / Olivier Lalande

Les médecins doivent offrir un meilleur suivi de la médication de leurs patients âgés, et les pharmaciens devraient être autorisés à réviser ou à émettre des ordonnances. C'est l'avis d'un nombre grandissant de professionnels de la santé adeptes de la « désordonnance », un mouvement pour aider les 1,9 million de Canadiens de l'âge d'or qui prennent au moins un médicament susceptible d'avoir des effets secondaires potentiellement dangereux. Trois spécialistes de cette question expliquent à Catherine Perrin qu'un médicament prescrit il y a 10 ans ne convient plus nécessairement aujourd'hui.

Nos invités sont Cara Tannenbaum, gériatre, chercheuse et codirectrice du Réseau canadien pour la déprescription; Denis Roy, pharmacien et président de l’Association des bannières et des chaînes de pharmacies du Québec; René Wittmer, médecin de famille et enseignant en médecine de famille, et Lise Ledoux, conjointe d’un homme ayant expérimenté la « désordonnance ».

Des effets ignorés

« Imaginez prendre un somnifère sans savoir qu’il cause des trous de mémoire, qu’il peut augmenter les risques de chute et même toucher notre conduite automobile, dit la Dre Cara Tannenbaum. Les gens ne devraient-ils pas donner un consentement éclairé et savoir qu’avec l’âge, le médicament agit différemment dans notre corps? Comme les reins fonctionnent au ralenti, ça reste plus longtemps dans le [système]. Les gens doivent avoir le choix. »

Communication insuffisante

Le Dr René Wittmer reconnaît que les médecins devraient être plus assidus dans la révision des ordonnances, mais constate que le temps manque souvent lors des rendez-vous. « Les soins sont fragmentés, souligne-t-il. Il n’y a pas nécessairement une bonne communication entre les spécialistes et les omnipraticiens, et les médecins sont très réticents à faire cesser les médicaments qu’ils n’ont pas eux-mêmes [prescrits]. C’est très difficile de dire “ce médicament n’est pas bon pour vous” quand on n’est même pas certain [pour quelle raison] il a été prescrit à la base. »

Un adjuvant de taille écarté

C’est pour cette raison que Denis Roy aimerait que les pharmaciens soient autorisés à émettre et à modifier des prescriptions. Il souligne que c’est le cas dans toutes les provinces canadiennes, sauf au Québec et au Manitoba. « Le pharmacien, qui est vraiment le spécialiste du médicament, peut être un allié du patient, affirme-t-il. Au fond, c’est le patient qui décide. Bien des personnes vont arrêter leur médicament pour le diabète, mais gardent leur pilule pour dormir. C’est peut-être l’inverse qu’elles devraient faire. Il y a une équation risque/bénéfice qu’il faut toujours regarder. »

Il faut ajouter autant d’années que de qualité à la vie. Il ne faut pas être paternaliste dans notre approche.

Denis Roy, pharmacien

Marche à suivre

Lise Ledoux raconte qu’avec l’aide de son médecin de famille, son conjoint a mené à bien un sevrage complet du bromazépam, un somnifère, en deux mois. « Le médecin a dit : “Vous lui donnez un médicament par jour pendant une semaine; ensuite, la semaine suivante, un comprimé tous les deux jours; ensuite, un demi-comprimé”, raconte-t-elle. Ça s’est fait graduellement et doucement, et il n’y a pas eu de séquelles. Tout s'est très bien passé. Il dormait bien, il était moins agité et moins nerveux. Ça a été bénéfique. »

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