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Catherine Perrin
Audio fil du mardi 15 janvier 2019

Un documentaire pour continuer le dialogue lancé par SLĀV

Publié le

Véronique Lauzon, Arnaud Bouquet et Maryse Legagneur au micro de Catherine Perrin.
Véronique Lauzon, Arnaud Bouquet et Maryse Legagneur   Photo : Radio-Canada / Olivier Lalande

« L'idée n'était pas de créer deux camps. C'était vraiment de faire appel à nos sensibilités communes. » Dans Entends ma voix, les artisans du spectacle SLĀV comme ses opposants font valoir leurs points de vue, souvent face à face. En compagnie de Betty Bonifassi, les coréalisateurs Arnaud Bouquet et Maryse Legagneur ainsi que la journaliste Véronique Lauzon parlent à Catherine Perrin du courage nécessaire pour s'exprimer publiquement sur une question aussi délicate que celle de la représentativité.

Véronique Lauzon a lancé l’idée du documentaire. « On ne pouvait pas passer à côté du fait que beaucoup des opposants [de SLĀV] sont des artistes, dit-elle. D’artiste à artiste, il y avait des rencontres à faire. » La journaliste se félicite qu’on y voit Betty Bonifassi rendre visite à Lucas Charlie Rose, l’un des instigateurs du mouvement d’opposition à

Il n’y a rien de plus intime, pour un artiste, que son lieu de création

Véronique Lauzon

Nouer un dialogue

Arnaud Bouquet estime qu’Entends ma voix permet de faire connaître des points de vue peu entendus durant la crise. « On a l’impression qu’il n’y a que dans un camp qu’il y avait la volonté d’aller rencontrer les autres, souligne-t-il. Mais, on le sait, parmi les opposants, qui sont passés parfois pour des enragés, il y a des gens qui avaient exprimé la volonté d’aller nouer un dialogue. »

Gare à la « déracialisation »

Maryse Legagneur prend en exemple l’annulation par l’artiste américain Moses Sumney, en réaction à la controverse, de son spectacle prévu au Festival international de jazz de Montréal. « C’est quelqu’un qui s’est penché énormément sur la question raciale aux États-Unis, indique-t-elle. Pour lui, dans cette démarche [des créateurs de SLĀV], il y avait quelque chose qui clochait dès le départ en termes de la représentativité sur scène. Que la majorité des comédiennes interprétant des esclaves soient blanches, pour lui, c’était une façon de déracialiser une problématique historique pour laquelle les Afro-Américains paient encore. »

SLĀV 2.0 : un propos resserré

À l’approche de la présentation de SLĀV en Estrie, Betty Bonifassi estime que l’équipe a tenu compte des propos des opposants dans la réécriture du spectacle. « Ce qu’on a voulu faire, c’est d’être plus précis, plus clairs pour un plus large public, affirme-t-elle. On a beaucoup pensé à […] comment on représente notre propos, qui est finalement un propos de résilience par l’art vocal au travers de l’oppression sur 10 siècles. »

Elle estime avoir servi de « paratonnerre » dans toute cette controverse : « Mais un paratonnerre qui est était essentiel, je pense, à la société québécoise. Donc, si c’est tombé sur moi, c’est bien, je suis maternelle, donc, on va s’en sortir. »

Considérant toujours que l’annulation du spectacle représentait une forme de censure, elle croit que cet épisode inspirera ses musiques futures, mais ne changera pas sa démarche créative : « Ma main tendue vers l’autre, je vais la garder tendue. On va voir ce qui va se passer. »

Le documentaire Entends ma voix sera diffusé à nouveau ce soir à 22 h sur ICI ARTV.

La pièce SLĀV sera présentée le 16 janvier à 20 h à la salle Maurice-O’Bready, à Shebrooke.

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