Vous naviguez sur l'ancien site
Aller au menu principal Aller au contenu principal Aller au formulaire de recherche Aller au pied de page
Ici Radio-Canada Première

Contrôleur audio

Extension Flash Veuillez vous assurer que les modules d'extension (plug-ins) Flash sont autorisés sur votre navigateur.

Chargement en cours

Catherine Perrin
Audio fil du mercredi 12 décembre 2018

Luc Senay : une carrière pleine de grands écarts

Publié le

Luc Senay au micro de Catherine Perrin.
Luc Senay   Photo : Radio-Canada / Olivier Lalande

Avant de jouer le nudiste Paulo dans Faits divers ou d'animer La guerre des clans, le comédien a maintes fois cherché à se faire admettre à l'École nationale de théâtre en jouant les clowns, une démarche qui lui a valu un rôle dans un film de Gilles Carle. Il a également convaincu un parrain de la mafia de faire de l'improvisation à l'époque où il donnait des ateliers en prison. Luc Senay se remémore ses débuts mouvementés au micro de Catherine Perrin.

Il relate qu’avant d’étudier à l’Université du Québec à Montréal, il a essayé quatre fois d’entrer à l’École nationale de théâtre. Voici comment il décrit une audition particulièrement surréelle, lors de laquelle il a récité un texte du groupe parodique Les Frères Brosse : « J’avais des culottes bavaroises, des bas trois-quarts, des bottes de marche, une chemise à jabot, un siphon pour débloquer les toilettes sur la tête et, au bout du manche, complètement, des franges de plastique qu’on met au bout des poignées des tricycles. […] J’ai fait mon texte : "I’m wik-a-wik, I’m wik-a-wik, yes, I’m a bicycle, poupou, drrring, I’m a bicycle. »

Luc Senay exécutant un grand écart à l'époque de <i>La guerre des clans</i>.
Luc Senay en action à l'époque de La guerre des clans   Photo : YouTube

Le pouvoir surprenant du rire

Bien que l’audition n’ait pas été concluante, Luc Senay n’a pas laissé ses interlocuteurs indifférents : « Ils riaient beaucoup. Ils n’en revenaient pas! »

Ses efforts n’auront pas été vains. « Un mois plus tard, ma mère reçoit un téléphone; un dénommé Carle veut me parler, raconte le comédien. J’apprends que c’était Gilles Carle. Il me dit : "Écoute, on cherche un bouffon. Es-tu capable de faire ça?" […] J’ai fait 28 jours de tournage dans le film Fantastica. »

Improviser avec la mafia

Son expérience comme professeur d’improvisation pour détenus a été tout aussi haute en couleur. Il se souvient d’une première rencontre plutôt froide avec ses nouveaux élèves, fort peu participatifs.

Décontenancé, le jeune comédien lance alors une idée à ces derniers. « Je dis : "J’aurais juste besoin d’une personne et je vais improviser avec", raconte-t-il. Un vieux monsieur se lève. Je dis : "Placez-vous dos à moi, prenez une attitude physique." »

Il demande alors aux autres participants de l’avertir quand le volontaire aura pris la pose pour que l’improvisation débute. « Le monsieur place sa main comme s’il avait un revolver, poursuit Luc Senay. Je me tourne et je fais : "Qu’est-ce que tu fais là?" Il répond : "Je vais braquer la banque." Je dis : "Tu ne peux pas braquer une banque avec un arrosoir." […] Et là, ça se met à rire. »

« Savez-vous qui était ce monsieur? » demande Luc Senay à Catherine Perrin. « Vincenzo "Vic" Cotroni [ex-parrain de la mafia]. À partir de ce moment, tous les hommes ont embarqué [dans mes ateliers] pendant 15 semaines. J’en ai des frissons. Si le parrain ne s’était pas levé, il n’y en aurait pas eu d’atelier. »

Chargement en cours