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Stéphan Bureau
Audio fil du mardi 4 décembre 2018

Le psychologue qui soigne le choc post-traumatique en 6 semaines

Publié le

Le psychologue Alain Brunet
Alain Brunet   Photo : Radio-Canada / Olivier Lalande

La méthode mise au point par Alain Brunet consiste à se remémorer un souvenir traumatique sous l'influence d'un médicament, le propranolol. En 6 séances, 70 % des patients voient la force émotionnelle de ce souvenir considérablement dégradée, au point de pouvoir retrouver une vie normale. Le directeur du Laboratoire de recherche sur les psychotraumatismes de l'Institut Douglas et l'Université McGill explique à Catherine Perrin que sa méthode s'avère efficace autant pour les survivants à l'attentat du Bataclan que pour les cœurs brisés.

Après avoir testé sa méthode à l’essai avec succès auprès des victimes des attentats de Paris et de Nice – réalisant au passage la plus grande étude jamais menée sur le stress post-traumatique –, M. Brunet l’enseignera sous peu à sa première cohorte d’étudiants.

Réduire la portée émotionnelle d’un événement

« Les gens souffrent de réminiscences, dit-il au sujet du stress post-traumatique. En ravivant le souvenir et en en atténuant la force émotionnelle, petit à petit, de semaine en semaine, les symptômes s’évanouissent. Ce qu’on découvre aussi, c’est qu’on peut l’appliquer non seulement au trouble de syndrome post-traumatique, mais à toutes sortes d’autres "pathologies", entre guillemets. Tous les souvenirs émotionnels peuvent subir le même traitement et la même destinée. »

Le psychologue clinicien insiste sur le protocole spécifique mis en place pour raviver le souvenir traumatique. « En psychiatrie, on soigne de la même manière depuis 60 ans. Chaque jour, on prend un médicament qui masque nos symptômes, et le lendemain, on doit en prendre un autre, souligne-t-il. Il y a 60 ans, c’était absolument formidable […]. La mauvaise nouvelle, c’est qu’on soigne encore de la même manière. »

Ce n’est pas facile, ce qu’on demande [aux patients] de faire. Ils lisent le compte rendu du trauma devant nous. Vers la troisième ou la quatrième séance, ils me regardent, un peu étonnés, et disent : "J’ai l’impression d’être en train de lire le journal." Et là, vous savez que vous avez gagné.

Alain Brunet

Une « frappe chirurgicale » dans le cerveau

Le propranolol est pourtant un vieux médicament, utilisé depuis longtemps dans le traitement de l’hypertension artérielle et des problèmes cardiaques. Il bloque les manifestations physiques du stress. C’est de façon fortuite qu’on a découvert qu’il pouvait aussi franchir la barrière du cerveau.

« Quand vous travaillez sur Word à votre ordinateur, […] vous avez un fichier backup en arrière, offre Alain Brunet en guise de comparaison. Là, il n’y en a pas; vous réécrivez votre fichier original, et ensuite, si on interfère avec l’encodage du fichier, la partie toxique, la partie émotionnelle du fichier, se trouve dégradée. La partie épisodique, le souvenir de ce que j’ai fait, le déroulement, lui, reste intact. Alors, on touche vraiment à la partie qu’on veut toucher. C’est chirurgical. »

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