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Catherine Perrin
Audio fil du mercredi 31 octobre 2018

Diane Dufresne, bien de son temps à 74 ans

Publié le

Diane Dufresne, assise dans un escalier.
Diane Dufresne   Photo : Philippe Evenou

Sur Meilleur après, qui marque son retour sur disque après 11 ans, la diva québécoise chante des textes sur l'écologie et le passage du temps. Elle s'est également entourée d'auteurs comme Daniel Bélanger et de musiciens comme Jean-Phi Goncalves, en plus de signer quatre textes. Diane Dufresne parle à Catherine Perrin de son urgence de vivre, de ses amours et de la vision qu'elle a de son travail de « femme de scène ».

« Je suis une vieille de mon époque, dit Diane Dufresne. Les vieux vivent le temps présent, ils sont dans le temps. Les gens pensent toujours qu’on est du passé, mais ils se trompent. […] J’essaie même de toujours faire du nouveau. De toute façon, c’est ce qui nous garde en santé. Il faut quand même une discipline intellectuelle. »

Rattraper le temps

« On ne sait jamais ce qui va se passer demain, poursuit-elle à propos de son urgence de vivre. Chaque jour est important, surtout quand on prend de l’âge. Plus jeune, on cherche et on perd du temps. J’ai perdu beaucoup de temps avec certains hommes, certains trucs. On attend toujours que ça change. C’était l’époque où l’on avait un seul homme. Quand on est plus vieux, on rattrape du temps, parce qu’on cherche moins et que tous les jours comptent. C’est bien, parce que c’est intense. […] On se débarrasse du vieux linge. »

Un ange passe

Évoquant une autobiographie et un film sur sa vie qui n’ont jamais vu le jour, elle insiste sur l’importance de sa rencontre avec Richard Langevin, son époux, qu’elle a connu lorsqu’elle avait 50 ans. Elle le décrit comme un ange : « Si Richard n’avait pas été dans ma vie, je ne suis pas sûre que j’aurais continué ma vie de chanteuse. C’était correct pour moi, mais lui trouvait ça triste. Il disait : "Pourquoi c’est comme ça?" »

Se provoquer soi-même

Élevée avant la Révolution tranquille, elle a vécu pleinement la libération de la femme et s’est servie de son corps comme outil de scène et d’affirmation. « Tu dis : "Bon, on assume, on enlève le soutien-gorge, on prend la pilule – c’était quand même angoissant de tomber amoureuse et de faire l’amour. On met les fleurs de lys pour porter le Québec sur soi…" Il y avait cette identité. On disait que je provoquais. Je me provoquais surtout moi-même, parce que j’étais très timide et très pudique. »

Un pont

Elle ne voit pas de contradiction entre son tempérament solitaire et sa vie très publique. « Quand j’écris un spectacle, je n’écris pas pour montrer ce que je sais faire, j’écris en fonction de ce que le public peut voir, affirme-t-elle. Je ne suis pas une chanteuse, je suis un pont, parce que le public a du talent. On oublie que le public a du talent. Tu as beau faire le fanfaron, si le public n’est pas là, tu n’es absolument rien du tout. Peut-être qu’aujourd’hui, avec Internet, il y a une autre façon de le rejoindre. Moi, je suis quelqu’un de scène. »

Le spectacle demeure le cœur du travail de Diane Dufresne. « Ce n’est quand même pas normal d’être là, sur un truc qui a une certaine hauteur, et tout à coup, d’être la Sainte Vierge, note-t-elle. Tout à coup, c’est Wonder Woman qui arrive et il y a quelque chose qui appartient à ce moment-là. C’est pour ça que je n’aime pas voir les gens après un spectacle. Ils parlent du passé, mais c’est quelque chose de très présent, pour moi, un spectacle. Ça appartient au monde. Je travaille en fonction de ça. »

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