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Catherine Perrin
Audio fil du vendredi 5 octobre 2018

Vivre avec un cancer incurable avant 40 ans

Publié le

Charles Plourde et Alyson Beauchesne-Lévesque au micro de Catherine Perrin.
Charles Plourde et Alyson Beauchesne-Lévesque   Photo : Radio-Canada / Olivier Lalande

Ils ont respectivement 29 et 36 ans. Elle a reçu un diagnostic de cancer du sein de stade 4 il y a bientôt deux ans. Lui, celui d'un cancer du cerveau l'an dernier. Alyson Beauchesne-Lévesque et Charles Plourde décrivent à Catherine Perrin les sentiments contradictoires qui se bousculent en eux à l'approche de l'inévitable, et font état du déchirement de devoir préparer leurs jeunes enfants à la vie sans l'un de leurs parents.

« Il n’y a pas de plus terrible pensée que de s’imaginer nos enfants sans parents, dit en sanglotant Charles Plourde, qui a trois garçons (7, 9 et 10 ans). J’explose chaque fois [que j’y pense]. J’en parle tous les jours. J’y pense tous les jours. Je vois des photos de mes enfants et c’est hyper lourd! Ça, on ne s’y habitue pas. On ne s’y habitue pas. On s’habitue à avoir mal, on s’habitue au Décadron, on s’habitue aux médicaments, mais la réaction de nos enfants, c’est terrible. C’est terrible. »

« Jusqu’à quand est-ce que je devrais être présente après mon décès? se demande Alyson Beauchesne-Lévesque, mère d’un bambin de 5 ans. Sur le plan de l’empreinte, je veux dire. Est-ce que je lui laisse une carte à toutes ses fêtes jusqu’à ce qu’il ait 80 ans ou est-ce que je lui en laisse une, une fois de temps en temps? Ou est-ce que je lui laisse une boîte qu’il ouvrira à sa guise? Va-t-il faire son deuil à un moment donné ou est-ce que je vais toujours revenir? »

Vous ne comprenez pas. Vous ne pouvez pas comprendre. Ça prend quelqu’un dans le même bateau que toi pour comprendre.

Alyson Beauchesne-Lévesque

Vivre avec sans l’accepter

« Il y a une grosse distinction à faire entre apprendre à vivre avec [le cancer] et l’accepter, souligne Charles. Accepter quelque chose, c’est accepter des conséquences qui viennent avec un acte qu’on a posé. Moi, je n’accepterai jamais d’avoir un glioblastome. Je m’alimentais mieux que le Guide alimentaire canadien [le recommande]. J’ai toujours fait du sport. Je suis amoureux fou de ma blonde depuis toujours. J’ai trois enfants en santé. J’adore ma job. Je n’ai pas couru après ça. Je ne dois pas l’accepter, mais je dois apprendre à vivre avec. »

C’est très important, avec les enfants, d’être honnête et de leur dire à quelle étape tu es rendu, qu’est-ce qui t’arrive, pourquoi tu pleures, et d’aller au-devant de leur réflexion, aussi.

Charles Plourde

Sentiments mêlés

« Il y a des soirs où je me couche tellement mal en point que je ne sais pas si je vais me réveiller le lendemain, affirme Alyson. Ce n’est pas parce qu’on a fini la phase d’acceptation ou la phase de la colère qu’elles ne peuvent pas se mélanger par la suite au quotidien. […] Des fois, c’est le fun de se coucher dans le déni. »

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