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Accompagner un délinquant sexuel dans sa réinsertion sociale

Médium large

Avec Catherine Perrin

Accompagner un délinquant sexuel dans sa réinsertion sociale

Audio fil du mardi 25 septembre 2018
Geneviève Pettersen et André Maillard au micro de Catherine Perrin.

Geneviève Pettersen et André Maillard

Photo : Radio-Canada / Olivier Lalande

« On ne minimise pas les gestes qu'ils ont posés, jamais. La responsabilité est très importante. » Pendant six mois, Geneviève Pettersen a accompagné Normand (prénom fictif) grâce aux Cercles de soutien et de responsabilité du Québec. L'organisme met en place des rencontres entre bénévoles, intervenants et personnes reconnues coupables d'agressions sexuelles afin de permettre à ces dernières de se réhabituer à la vie en société. En compagnie d'André Maillard, coordonnateur de l'instance, la chroniqueuse parle avec Catherine Perrin de la difficulté d'aborder avec ces gens les crimes qu'ils ont commis.

Geneviève Pettersen raconte son expérience dans un article résumant les six premiers mois de son accompagnement (Nouvelle fenêtre).

Bouleversante banalité

« C’est un lieu de discussion, parce que ces gens-là sont très seuls, dit-elle. Ils n’ont plus d’amis, plus de famille. Les seules discussions qu’ils ont, en prison et au sortir de prison, c’est avec des intervenants. C’est tout le temps dans une logique d’intervention. Là, on parle de banalités. On a parlé de littérature, de restauration, de bouffe… C’est là que mes certitudes ont été bouleversées. J’oubliais qui j’avais en face de moi. J’aurais pu aller au restaurant avec ce gars-là et j’aurais passé un bon moment. »

Ce n’est pas facile. Je suis bousculée comme mère – j’ai quand même trois enfants, et Normand a agressé un enfant –, mais je trouve ça humainement positif.

Geneviève Pettersen

Service à la société

« Le but ultime, c’est qu’ils ne récidivent pas et de créer un lien, souligne André Maillard. Je suis quand même père de famille; je ne cautionne pas ce qu’ils font, ces gars-là, mais en les soutenant de cette manière-là, on minimise de beaucoup la récidive. »

En huit ans d’implication, le coordonnateur dit n’avoir jamais assisté à un cas de récidive.

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