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Le courage, une question d’instinct

Médium large

Avec Catherine Perrin

Le courage, une question d’instinct

Audio fil du mercredi 15 août 2018
Pierre Cameron et Richard Cummings au micro de Stéphan Bureau.

Pierre Cameron et Richard Cummings

Photo : Radio-Canada / Olivier Lalande

Xavier Tremblay a sauvé ses deux frères et sa mère d'un incendie qui s'était déclaré dans la maison familiale. Pierre Cameron a été décoré cinq fois pour sa bravoure; il a sauvé une personne du suicide, secouru un camionneur d'un incendie et empêché une explosion de gaz naturel, notamment. En compagnie du lieutenant-colonel Carl Gauthier et de l'auteur Richard Cummings, ils expliquent à Stéphan Bureau que le courage n'est pas quelque chose qui s'apprend, mais qu'il est une qualité spontanée qui apparaît lorsqu'on parvient à surmonter sa peur.

« C’est avoir le sens de l’observation et le cœur sur la main », déclare Pierre Cameron pour définir ce qu’est le courage pour lui. L’ancien policier militaire relate le moment où il a fait le choix de sauver une femme qui allait sauter d’un pont : « J’ai fait ni une ni deux. Je me suis dit : "Je suis capable de monter là." »

« Ça ne s’apprend pas. C’est comme le charleston : tu l’as ou tu ne l’as pas, dit-il aussi au sujet du courage. Beaucoup de personnes l’ont en veilleuse. C’est une fois qu’on est confronté à une situation [qu’on le réalise]. Je crois en un monde meilleur, [je veux] laisser les autres meilleurs après notre rencontre. C’est une façon d'y contribuer, à ma manière. […] J’y vais au meilleur de mes connaissances, mais le courage, ce n’est pas une connaissance, ça vient du cœur. »

Le devoir de Xavier

« La vie de ma famille était en danger. Je ne dormais pas, je venais juste de me coucher, je me suis réveillé. Ça sentait la fumée », se souvient Xavier Tremblay, 12 ans, au sujet de la nuit où il a permis à sa famille de sortir à temps d’une maison en flammes. C’était la seule [chose] que je pouvais faire. Je ne pouvais rien éteindre, je ne savais pas ce qui se passait. J’ai vu que la fumée était entrée dans ma chambre. »

« Je suis fier, mais je trouve que je ne le mérite pas », dit-il au sujet de la décoration qu’il a reçue pour son geste héroïque. Il estime n’avoir fait que son devoir. « Je ne savais pas que j’étais courageux. Ça ne se prépare pas. C’est plus ton instinct qui te le dit. »

Surmonter la peur

« Le courage, ce n’est pas l’absence de peur, au contraire, c’est être capable de fonctionner malgré sa peur, être capable de [la] gérer, de faire son travail dans des circonstances qui sont très difficiles, souligne le lieutenant-colonel Carl Gauthier. Malgré tout l’entraînement qu’on peut essayer de faire, c’est lorsque les gens sont confrontés à la situation en temps réel qu’on voit comment ils réagissent. Tout le monde ne réagit pas de la même façon. […] Souvent, le principal intéressé va être aussi surpris, malgré la préparation. »

Le courage au quotidien

Richard Cummings a été témoin d’une autre forme de courage, celle de son fils Michaël, mort durant l’enfance d’une maladie neuromusculaire dégénérative. Il fait la distinction entre le courage spontané qui s’affirme en situation exceptionnelle et le courage soutenu des gens qui doivent chaque jour surmonter d’énormes défis.

« Je pense qu’on peut apprendre le courage, et apprendre des gens ordinaires beaucoup de leçons sur le courage, affirme-t-il. Il y a des peurs, j’ai des peurs. Le courage, quand on n’est pas dans un acte instinctif, |est une] pratique. C’est de repérer une peur et de décider qu’on ne la laissera pas prendre une décision à sa place. »

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