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Stéphan Bureau
Audio fil du mercredi 1 août 2018

À la plage, l’être humain se transforme

Publié le

Des vacanciers se prélassent au soleil sur une plage du sud.
Des vacanciers sur une plage du sud.   Photo : Radio-Canada

« On réapprend une des scènes les plus primordiales pour l'homme, qui est celle de partager son territoire. » À la plage, l'être humain rompt avec les normes habituelles de la vie en société et reprend étrangement goût à la dénudation et au contact avec l'autre. C'est le constat de l'anthropologue Jean-Didier Urbain, qui a fait de la plage son sujet d'étude et y a même consacré quelques livres. Il décrit à Stéphan Bureau comment la plage transforme nos peurs en jouissances.

« C’est une ville sans les murs, si vous voulez », affirme Jean-Didier Urbain, pour qui la plage demeure un lieu plein d’urbanité. « On ne s’agglutine pas sur la plage comme des voisins s’ignorant les uns les autres. Au contraire, chacun voit tout le monde, tout le monde est vu par chacun. Tout le monde connaît chacun. On renoue, finalement, avec des modèles plutôt communautaires et en cela, c’est un lieu assez unique. »

Bain collectif
« Ce n’est pas seulement prendre un bain de soleil ou un bain de mer, c’est aussi prendre un bain de foule, ce qu’on ne fait pas la plupart du temps en ville, où l’on s’esquive, on s’évite », ajoute l’anthropologue. Pour lui, dans ce drôle de lieu, le vacancier adopte simultanément un nouveau rôle et laisse tomber les conventions. « Je suis un anonyme qui peut se permettre bien des choses. Il n’y a plus véritablement d’inhibition, si ce n’est [de se sentir] un peu trop gros, ou moins bronzé que l’autre. »

De la cure à la nage
Au fil du temps, la villégiature a donné un nouveau rôle à la mer, selon Jean-Didier Urbain. Après lui avoir donné des vertus médicales, elle en a fait un lieu de détente. « Progressivement, elle devient un lieu de plaisir, notamment grâce à la natation, dit-il. Quand le baigneur devient un nageur, tout change, parce qu’au fond, je ne suis plus ce Terrien qui a peur d’être avalé par la mer, mais ce Terrien qui a appris à flotter et qui prend plaisir à se jouer des flots. C’est une gigantesque révolution culturelle de type sensorielle, qu’on n’a peut-être pas assez soulignée jusqu’à présent. »

Jean-Didier Urbain est auteur de livres comme Une histoire érotique du voyage (2017), Au soleil : naissance de la Méditerranée estivale (2014), Le voyage était presque parfait : essai sur les voyages ratés (2008) et Sur la plage : mœurs et coutumes balnéaires aux XIXe et XXe siècles (2002).

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