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Stéphan Bureau
Audio fil du mercredi 13 juin 2018

Les « films de fesses », ou le pouvoir de l’évocation

Publié le

La sexologue Jocelyne Robert et le critique de cinéma Georges Privet
La sexologue Jocelyne Robert et le critique de cinéma Georges Privet   Photo : Radio-Canada / Philippe Couture

Malgré l'accessibilité de la pornographie et de ses images explicites, le cinéma érotique, plus suggestif et bien moins cru, connaît une popularité incessante. Alors que Paris célèbre les « films de fesses » dans un festival, nos invités Jocelyne Robert et Georges Privet chantent les vertus d'un cinéma sensuel, qui éveille l'imaginaire et qui valorise ce qui est sensoriel plutôt qu'explicite.

Film de fesses, vraiment? C’est bien l’expression rigolote et un peu vieillotte que privilégie le Festival du film de fesses de Paris, qui se tiendra du 28 juin au 1er juillet dans l’Hexagone. « C’est étonnant, dit le critique de cinéma Georges Privet, car c’est une expression qu’on a toujours utilisée avant tout pour désigner la vague de cinéma érotique québécois des années 70 et pour évoquer des films que l’on considère aujourd’hui [comme] un peu candides et un peu soft. »

Ne nous y méprenons pas : il s’agit sans doute d’une manière amusante pour le festival de se dissocier du cinéma purement pornographique, au profit d’un cinéma érotique de bon goût, dans lequel les corps sont sublimés et la sexualité filmée plus subtilement. Ce cinéma est essentiel, selon nos invités. « La part d’imagination laissée au spectateur est plus grande dans le cinéma érotique que dans la pornographie, argumente la sexologue Jocelyne Robert. C’est extraordinaire, parce que ça permet d’activer des zones d’émotions et de psychologie chez l’humain. Éveiller l’imaginaire, c’est plus intelligent et plus stimulant pour le cerveau que de simplement représenter la sexualité de manière génitale et performative. »

La sexologue a conduit une petite enquête sur sa page Facebook. Le nombre considérable de réponses reçues montre que le sujet ne laisse personne indifférent.


Aux yeux de Georges Privet, le cinéma érotique ainsi que les nombreuses scènes érotiques du cinéma grand public jouent même un rôle sociopolitique. « Les films qui ont osé des scènes érotiques à une époque plus prude ont [créé] des moments historiques importants. Dès la scène du baiser dans The Kiss, en 1896, qui a été censurée par les autorités, le cinéma n’a jamais cessé de faire évoluer les mœurs, à sa façon. »

Quelques films évoqués par nos invités :

The Kiss, un film jadis censuré pour une scène de baiser


La scène d’amour de La leçon de piano, l’une des scènes préférées de Jocelyne Robert

Don’t Look Now, un film d’horreur comportant une très belle scène d’amour, selon Georges Privet

La vie d’Adèle, entre la grâce érotique et le pornographique


Intimité, de Patrice Chéreau


Sur la route de Madison

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