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Perdre son emploi, un deuil qu'il est possible de surmonter

Médium large

Avec Catherine Perrin

Perdre son emploi, un deuil qu'il est possible de surmonter

Audio fil du lundi 4 juin 2018
Un homme tente de réconforter une collègue congédiée.

Perdre un travail, ce n’est pas seulement perdre un poste, mais c’est aussi perdre un environnement de travail et des collègues.

Photo : iStock

De nombreuses personnes qui perdent leur emploi peuvent vivre leur congédiement comme un véritable deuil, car elles doivent dire adieu à un poste, à un environnement de travail et à des collègues qu'elles apprécient. Le psychologue Nicolas Chevrier aborde le sujet avec Annie Martel et Andrée, deux femmes qui ont vécu un tel choc. Elles parlent notamment des moyens qu'elles ont mis en œuvre pour retrouver leur confiance et surmonter cette épreuve.

« C’est parfaitement normal de ressentir un congédiement comme un deuil. […] C’est toujours quelque chose d’extrêmement difficile », affirme d’emblée Nicolas Chevrier. Un congédiement, dit-il, ramène beaucoup le travailleur à un sentiment d’impuissance.

Andrée en sait quelque chose. À l’emploi du service à la clientèle d’une entreprise de Québec pendant 24 ans, elle a vu un jour son monde s’écrouler. « J’avais cette compagnie-là tatouée sur le cœur. […] J’avais le sentiment de rejet et le sentiment d’incompétence », se souvient-elle.

Le son de cloche est le même du côté d’Annie Martel, qui s’est fait montrer la porte d’une station de radio après y avoir travaillé 14 ans. « Sur le coup, j’ai pris ça comme une grosse défaite », raconte-t-elle.

Vivre son deuil

Selon Nicolas Chevrier, il est important de vivre chaque étape du deuil (choc, déni, colère, tristesse, acceptation) et de s’accorder le temps et le droit de les vivre. C’est peut-être l’erreur que commettent certains travailleurs, comme l’a fait Annie Martel lors de son congédiement.

« J’avais tellement besoin de retomber vite sur mes pattes. Je n’avais jamais fait de chômage de ma vie. Je ne savais pas ce que c’était, de ne pas travailler. Je me définissais par mon travail. […] Je n’ai pas pris le temps de vivre toutes ces étapes du deuil. Je me suis précipitée dans cette folie-là d’avoir le désir de me retrouver un travail rapidement, sans même trop réfléchir à ce que je voulais vraiment », raconte-t-elle.

Ne pas en faire une affaire personnelle

Selon Nicolas Chevrier, un travailleur qui perd son emploi doit essayer de ne pas en faire une affaire personnelle. » « C’est toujours très important […] de revenir à la dépersonnalisation. Ce n’est pas que la personne n’est plus compétente, qu’elle ne fait plus le travail : c’est souvent que l’organisation, l’entreprise, a décidé qu’elle voulait un poste différent, des compétences différentes... Donc, il n’y a plus un bon appariement entre la personne et le poste. »

Il est important de consulter un psychologue : cette ressource est même souvent offerte par les entreprises qui mettent à pied certains de leurs employés, fait remarquer Nicolas Chevrier.

Souvent, lors de réorganisations, l’employeur va payer les services de psychologues du travail. […] N’hésitez pas à en bénéficier. C’est extrêmement important, même si vous êtes fâché contre l’employeur. Souvent, ça va se faire dans une firme à l’extérieur.

Nicolas Chevrier, psychologue

Nicolas Chevrier suggère aussi aux travailleurs licenciés d’aller chercher de l’aide extérieure. C’est d’ailleurs ce qu’a fait Andrée, qui a eu recours aux services de l’organisme Libre emploi après son congédiement. Celui-ci lui a permis de se remettre en question et de se retrouver un emploi.

« J’ai trouvé un emploi dans le même domaine, mais pas au service à la clientèle, et ça me rend drôlement plus heureuse », raconte-t-elle.

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