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Catherine Perrin
Audio fil du jeudi 24 mai 2018

Le long combat de Manon Massé pour l’égalité

Publié le

Manon Massé au micro de Catherine Perrin.
Manon Massé   Photo : Radio-Canada / Olivier Lalande

Bien avant d'œuvrer dans le milieu communautaire, la candidate solidaire au poste de première ministre a été confrontée aux iniquités et a dû prendre position. Issue d'une famille ouvrière dans laquelle les rôles traditionnels étaient renversés, elle n'en a pas moins été rejetée par sa mère à cause de son homosexualité. Lors d'études en théologie, elle s'est butée à la rigidité de l'Église catholique, la forçant à définir sa propre spiritualité. Autour de la sortie de Parler vrai, son premier livre, la politicienne atypique explique à Catherine Perrin que les valeurs d'entraide qu'elle défend forment aussi, selon elle, le sens de la vie.

Je suis une femme très patiente, mais il faut que ça bouge, par exemple. Je suis patiente, mais pas stagnante.

Manon Massé

Au sujet de sa famille
« Mon père a perdu sa mère très jeune. Il avait 13 ans, seulement. Il y avait 11 enfants plus jeunes que lui [dans sa famille]. Alors, très rapidement, il a aidé son père à répondre aux besoins de cette trâlée d’enfants là. Mon père, encore aujourd’hui, même si ma mère est décédée, est un homme très autonome, qui n’a pas besoin d‘une femme. […] Je regarde ma sœur ou moi; on a réagi très différemment, mais toutes les deux, on est très débrouillardes. »

Au sujet de la coupure avec sa mère
« Ça a été dur, pour moi, de sentir que ma mère ne me prenait pas telle que j’étais. Mais au fond, ma mère avait une peur bleue du jugement des autres. Ce n’était pas sa fille qu’elle ne voulait pas aimer, c’était la crainte du regard de l’autre sur elle, d’être jugée comme une mauvaise mère parce que sa fille était lesbienne. C’était de ça qu’avait tant peur ma mère; peur que je me fasse mal, que la vie me fasse mal parce que j’étais différente. Elle aurait tant voulu me protéger. »

Au sujet de la religion
« J’ai une spiritualité très active, mais les religions m’ont découragée. En avançant dans mon cheminement, en comprenant ces grosses machines très misogynes, très exclusives, où il y a une élite qui a le pouvoir, qui ne veut surtout pas le partager, j’ai complètement décroché des religions. Mais je suis restée très proche de ce que j’appelle ma spiritualité, de mon sens à moi de la vie, de ce que je pense que tout le monde a. Mais, on a tricoté serré la religion avec la spiritualité, ce qui fait que lorsqu’on a rejeté, au Québec, la religion – pour de bonnes raisons, à mon sens – on a peut-être aussi évacué la dimension spirituelle. »

Au sujet de la politique
« Il y a quelque chose de sclérosé, actuellement, dans les partis politiques. Les lignes de parti, le pouvoir qui est concentré dans les bureaux du chef lorsqu’il prend le pouvoir, toutes les communications qui sont encore téléguidées par le bureau du chef… Il y a quelque chose là-dedans qui ne fonctionne pas. La concentration du pouvoir… ce n’est pas ça, la démocratie. »

Au sujet du Parti québécois
« J’étais aux premières loges en 1996, au sommet socioéconomique. J’ai vu ce dirigeant du Parti québécois [Lucien Bouchard] dire clairement qu’il ne voulait pas de clause d’appauvrissement zéro. Donc, il préférait le déficit zéro à [l’assurance] que les plus pauvres de notre société ne soient pas affectés par leurs mesures. C’est sûr que ça m’a ébranlée profondément, moi qui ai toujours défendu les gens au bas de l’échelle. […] La charte des valeurs, ça ne fait pas 20 ans. Et cette vision d’un Québec divisé, pour nous, à Québec solidaire, ça n’a pas de sens. »

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