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Catherine Perrin
Audio fil du jeudi 3 mai 2018

Les leçons d’Anne Nivat, grande reporter en zones de guerre

Publié le

Anne Nivat au micro de Catherine Perrin.
Anne Nivat   Photo : Radio-Canada / Olivier Lalande

Que ce soit en Tchétchénie, en Afghanistan ou en Irak, la grande reporter cherche ce qu'elle appelle « la vérité avec un petit "v" », soit des récits qui permettent de mieux comprendre les grands conflits. À l'occasion de la Journée mondiale de la liberté de presse, Anne Nivat fait valoir à Catherine Perrin que l'objectivité journalistique n'existe pas, et qu'il faut savoir distinguer l'information véritable de la communication.

« Depuis cette première expérience terrible que j’ai eue de la guerre en Tchétchénie jusqu’à aujourd’hui, 18 ans plus tard, j’applique la même méthode, c’est-à-dire que j’observe », dit Anne Nivat, à propos des raisons qui font qu’elle voyage seule. « Moi, ce qui m’intéresse, c’est l’observation. J’infiltre les sociétés de ces pays que j’essaie de comprendre. Donc, j’essaie de me faire la plus petite possible. Je suis la petite souris. Ça m’arrange quand on ne sait pas véritablement qui je suis. Si je ne suis pas seule, bien sûr que c’est beaucoup plus difficile. On voit tout de suite qui je suis. Idéalement, je préfère être seule. Je m’habille comme une femme de la région, j’habite chez les habitants, je me lève souvent le matin ne sachant pas où je coucherai le soir, parce que dans la guerre, il y a beaucoup de mouvement. »

Interdiction de juger
« J’ai un devoir moral, un devoir éthique qui est celui d’essayer d’abord de ne pas juger », déclare-t-elle, ajoutant faire ce métier pour que personne ne puisse dire : « Je ne savais pas. » « J’y mets un point d’honneur : je ne juge personne. Ce n’est pas parce que j’ai devant moi un tueur de Daech que je vais tourner les talons, parce que je veux savoir ce qu’il y a dans sa tête. »

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