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Catherine Perrin
Audio fil du mercredi 18 avril 2018

Paris dans l’œil (et la main) de Dany Laferrière

Publié le

Dany Laferrière au micro d'Isabelle Craig.
Dany Laferrière   Photo : Radio-Canada / Olivier Lalande

Autoportrait de Paris avec chat, le premier ouvrage de Dany Laferrière depuis son entrée à l'Académie française est un livre écrit et dessiné à la main, avec lequel il a voulu arrêter le temps. Véritable désaveu de la technologie, le livre se lit dans le désordre et décrit Paris telle que l'auteur la voit, telle une « ville de villages ». Dany Laferrière explique à Isabelle Craig comment il transcende la réalité lorsqu'il écrit ses livres.

« Je l’ai écrit de manière différente, parce que d’abord, je l’ai touchée, cette page, raconte l’auteur au sujet de son nouveau livre. Ça faisait longtemps que je ne l’avais pas touchée. J’avais commencé Comment faire l’amour… avec la machine à écrire devant moi. Je ne voulais pas de la mémoire littéraire de ma main, je voulais une écriture qui ressemble à [celle] d’Henry Miller, de Bukowski. [Je voulais écrire] une autobiographie américaine. Je suis passé à Internet, où il n’y a pas de page du tout, où il y a une distance, mais on ne sait pas sur quoi on écrit. J’ai voulu, encore une fois, retoucher la page avec la main qui, je crois, garde sa mémoire. […] On a caressé les enfants, des bébés, des arbres avec cette main-là, et elle s’en souvient quand elle écrit. »

Une seule langue, plusieurs réalités
Au sujet de la déclaration d’inquiétude de l’Académie française quant à la menace que pourrait représenter l’écriture inclusive, il affirme : « Dire qu’il y a péril, c’est tout simplement un constat. Un médecin qui vous dit : "Attention, si vous ne faites pas une opération" est conservateur, oui, parce qu’il tente de vous conserver en vie. Il ne doit pas toujours être connoté dans un sens idéologique. Tout le monde a un droit sur la langue. Seulement, c’est la langue de tout le monde, aussi. […] Vous savez, 300 000 personnes, ce n’est pas beaucoup par rapport à l’ensemble des gens qui, eux, ne sont pas dans des combats littéraires. C’est l’ensemble, c’est la population universelle et chacun, même [les gens] qui n’emploient que 300 mots, chacun a droit à sa langue. »

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